Football National ; Bienvenue à M. Eric Gerets

Football National ; Bienvenue à M. Eric Gerets

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Ce douloureux constat a poussé la FRMF à chercher l’entraîneur, capable non seulement de faire face à cette déconvenue inhabituelle, mais procéder au montage d’une sélection compétitive pour redorer le blason du passé marocain en matière footballistique, à même que le nouveau driver soit le plus performant possible.

 

Le choix s’est porté finalement sur Eric Gerets.
Mais voilà que le nouveau coach, appelé à honorer son contrat avec le Hilal Saoudien et qui n’expire que le 15 Novembre 2010, alors que le onze national aura à disputer deux rencontres cruciales, face respectivement à l’Afrique Centrale, ici au Maroc, et à la Tanzanie chez elle à Dar Essalam, sa capitale.
Cette attente de plusieurs mois aura fait couler beaucoup d’encre, en tenant dans l’expectative de doute et d’ironie, toute une population, notamment parmi les connaisseurs de la chose footballistique. De ce fait, il est juste de remarquer que l’histoire, en témoin incontournable et irréductible, vint encore une fois pour rappeler cette persistance, presque chronique, des responsables de notre football. En témoigne cette fébrile récidive. Car, on n’est pas encore prêts d’oublier l’autre attente qui aura duré plusieurs mois après le recrutement de Roger Lemerre, jusqu’à ce qu’il finisse son contrat avec la Tunisie. Ce qui fait qu’il avait pris le paquebot Maroc au milieu de la croisière, après une défaite ayant précipité son évincement.

Paradoxalement, le même scénario s’est produit avec le nouvel entraîneur Eric Gerets, qui vint de prendre en mains les destinées de notre chère équipe nationale, mais dont la venue était hypothéquée par le cheminement du Hilal, qu’il drive en championnat des clubs asiatiques. Or, pour pallier à cette attente, qui n’a pas de nom, c’est Cuperly, l’entraîneur adjoint qui s’est chargé de l’équipe nationale. Cet homme discret, au visage inexpressif, semble avoir fait passablement son travail. Mais, il faut dire que comparaison n’est raison. Car, personnellement, cela me rappelle la concurrence déloyale qu’avait subie mon club Silhouette, dans les années 80, étant donné que certaines personnes qui n’ont rien à voir avec le sport en salle, ont fait démarché des encadreurs que j’avais passé plusieurs années à former et à leur faire apprendre les rouages de ce sport séculaire.

Aujourd’hui, les faits nous mettent devant deux cas de figure :
-Du côté de certains responsables de notre football national, il y a cette nécessité que pour remédier aux lacunes, ils doivent aller au-delà des objectifs assignés, à même de remporter une deuxième Coupe d’Afrique, lors de la prochaine CAN, et disputer au moins les demi-finales de la Coupe du Monde 2014. C’est à mon sens le seul tribut  pour se réapproprier notre leadership que nous ont légué nos aînés avec gloire, bravoure, dévouement et abnégation, avant que l’argent ne soit pris pour le nerf de la « guerre footballistique ».

Car, il faut bien le dire haut et fort qu’il est quasiment inadmissible de se contenter d’un seul trophée africain, remporté en 1976, et une seule qualification aux 16ème de finale d’une Coupe du Monde, lors du Mondial Mexicain en 1986, et ce durant une période d’un demi siècle.

Il en va de même pour le nouvel entraîneur, qui a, observe-t-on une mentalité de gagneur, de viser le fermement durant cette période de quatre ans de son contrat.

Aussi, le bureau fédéral, d’une part, et le coach, d’autre part, doivent souscrire à une même stratégie pour convenir d’un commun accord que le but devant être visé à terme, c’est la récupération de notre leadership. A ce propos, il est heureux de constater que Eric Gerets, lors de ses déclarations à la presse tout récemment à sa venue au Maroc, abonde dans le même sens, en exprimant sa volonté d’assumer. Mais, cela dépend en premier lieu de son apport à notre football sur fond d’une responsabilisation de toutes les composantes, afin que chacun assume, à son niveau ses responsabilités jusqu’à l’échéance de la mission. C’est pour dire qu’il n’y a plus de place à l’improvisation et  au bouc émissaire. Tous pour le même objectif à atteindre sans faux fuyants, sans dérapages. S’assumer pleinement et entièrement, c’est le mot d’ordre.

En parlant d’entraîneur, j’ouvre une petite parenthèse pour puiser  à ce sujet dans l’histoire internationale du football. Suite au congrès mondial qui s’est tenu en 1962 à Santiago (Chili), à l’occasion du Mondial abrité par ce pays, l’approche retenue est ce que l’entraîneur est généralement bien payé et jouit des mêmes avantages que les plus célèbres des joueurs, mais que l’instabilité est le défaut des plus gênants, puisque irrémédiable.

Là, votre humble serviteur, en s’appuyant sur sa propre expérience, après plus d’une cinquantaine d’années au service du sport et particulièrement du football, je pense me permettre de dresser ce constat sur le fait que l’entraîneur est souvent utilisé comme bouc émissaire en cas de déroute, de fiasco ou de mauvaise gestion de résultat, alors que c’est l’incompétence de certains dirigeants qu’il faut blâmer.

C’est pour cette raison pertinente que je préconise, à même d’y pallier radicalement, l’obligation de prise de responsabilité, chacun dans son domaine, en commençant, bien entendu, par les encadreurs.
Car, le meilleur cas serait qu’un entraîneur qui entend bien assumer ses responsabilités doit se contenter de ses rémunérations mensuelles, et laisser les primes s’accumuler jusqu’à la fin de l’année ou de son contrat. A méditer !
Concluons par souhaiter la bienvenue au nouvel officier de notre paquebot.
Et comme on dit dans le jargon marin : Après la tempête c’est le beau temps!

Said Sabbar

 

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