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Un nouveau « hirak » est-il en train de se dessiner à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Oujda, dans la petite ville minière sinistrée de Jerada.

Depuis vendredi dernier, les habitants ne cessent de crier leur colère en organisant des marches de protestation suite au décès de deux jeunes dans une mine de charbon dans laquelle bon nombre d’entre eux s’aventurent à 30 mètres sous terre, sans mesures de sécurité, pour subvenir aux besoins de leurs familles, vivant dans la précarité depuis la fermeture officielle de cette mine au cours de l’année 2000.

Faute de mieux, les jeunes de la région ont continué à extraire le charbon au profit de réseaux clandestins spécialisés dans sa revente pour différents usages dans cette région. Le drame qui vient de s’y produire a mis cette région abandonnée et oubliée sous les feux des projecteurs pour rappeler les événements vécus dans la ville d’Al Hoceima en raison du retard pris dans les projets de développement.

Excédée par le manque de moyens et d’efficacité des éléments de la protection civile qui n’ont sorti les corps des deux jeunes noyés dans la mine que le lendemain de leur disparition dans les inondations, la population s’est levée comme un seul homme pour crier à la marginalisation qui la frappe et à l’enclavement d’une région, autrefois, porte-flambeau de l’extraction minière, avant de tomber dans l’oubli. La tension à Jerada est à son comble et le pire est à craindre.

Par Jalil Nouri

 

Actu-maroc.com

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