Nouvelle poussée de fièvre entre l’Europe et la Biélorussie

Nouvelle poussée de fièvre entre l’Europe et la Biélorussie

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Expulsions d’émissaires, rappels d’ambassadeurs, accusations réciproques… C’est un épisode de plus dans les relations houleuses entre l’Union européenne et celui que l’ex-président américain George Bush avait baptisé le « dernier dictateur d’Europe ». Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 17 ans, est l’objet de sanctions européennes en raison de sa dérive autoritaire et notamment de sa politique répressive à l’égard des opposants politiques.

Le ton est brutalement monté mardi 28 février. Bruxelles a décidé de nouvelles mesures à l’encontre de 21 magistrats et responsables policiers biélorusses impliqués dans la répression de l’opposition. En signe de riposte, Minsk a alors « invité le chef de la mission de l’UE en Biélorussie et l’ambassadeur de Pologne à rejoindre leurs capitales pour consultations », termes diplomatiques signifiant l’expulsion temporaire des deux représentants européens. Dans la soirée, l’Union européenne a réagi en décidant de rappeler, pour consultations, l’ensemble de ses ambassadeurs en Biélorussie.

Ce mercredi, nouvelle riposte du porte-parole du ministère biélorusse des Affaires étrangères, Andreï Savinykh : « La réaction nerveuse de l’Union européenne (…) témoigne d’une chose : Bruxelles a choisi la voie de l’escalade ». Et le porte-parole d’ajouter que « c’est une voie qui mène à l’impasse. Bruxelles et les autres capitales européennes ne doivent pas oublier que la politique d’intimidation ne marche pas à l’encontre de la Biélorussie ». Andreï Savinykh a d’ailleurs suggéré aux ambassadeurs européens rappelés la veille de faire passer le message dans leurs capitales respectives.

Les diplomates européens faisaient donc leurs bagages ce mercredi. L’ambassadeur polonais Leszek Szarepka et le chef de la mission de l’UE en Biélorussie Maira Mora devaient partir de Minsk dans la journée. Contactées par l’AFP, les ambassades de France et d’Allemagne à Minsk ont indiqué que les ambassadeurs s’apprêtaient à quitter le pays mais la date de leur départ n’a pas été communiquée.

En Biélorussie, les arrestations d’opposants se sont multipliées après la réélection d’Alexandre Loukachenko à la présidence en 2010. Un scrutin marqué par d’importantes irrégularités, selon les observateurs, et remporté avec plus de 80% des voix. À ce jour, 229 responsables bélarusses impliqués dans la répression de l’opposition sont interdits de visa dans l’UE et ont leurs avoirs gelés s’ils disposent de biens dans un pays de l’Union européenne. Les avoirs de trois sociétés liées au régime sont également gelés. En outre, un embargo est en vigueur concernant les ventes d’armes et de matériel pouvant servir à la répression.

Cette nouvelle passe d’armes diplomatique risque d’isoler davantage l’autoritaire président biélorusse. Et cela, même si le Premier ministre russe Vladimir Poutine, allié ombrageux de Loukachenko, a dit mercredi « regretter » les sanctions de l’Union européenne en accusant Bruxelles d’« agir par la force » contre cette ex-république soviétique.

L’opposant Vladimir Nekliaïev, candidat malheureux face à Alexandre Loukachenko à la présidentielle de 2010, a ainsi estimé que Minsk avait commis « une grosse erreur politique » au moment où le pays est isolé et connaît d’importantes difficultés économiques. « La situation en Biélorussie ne lui permet pas de dicter ses conditions », a souligné l’opposant qui avait été gravement blessé par les forces de l’ordre au soir de l’élection présidentielle de 2010. « Cela ne fera qu’augmenter la dépendance de Loukachenko vis-à-vis de la Russie dont il a peur ».

rfi.fr_______________

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