Noyades de migrants subsahariens a Nador : Des associations saisissent le ministère...

Noyades de migrants subsahariens a Nador : Des associations saisissent le ministère de la Justice

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Dans un communiqué commun rendu public hier, l’Association Rif des droits humains (ARDH) et l’Association Beni Znassen pour la culture, le développement et la solidarité (ABCDS) qui disent suivre «avec préoccupation la situation des migrants subsahariens réfugiés dans les forêts aux alentours de Nador», ont saisi le ministre de la Justice et des libertés et le Conseil national des droits de l’Homme.
Les deux associations réclament une enquête urgente afin de faire toute la lumière sur les multiples cas de noyades de migrants, et mettre la lumière sur les circonstances de survenue de ces noyades de migrants sous les yeux d’éléments des Forces auxiliaires qui ne leur ont pas porté secours.
En provenance, le plus souvent, de pays pauvres d’Afrique subsaharienne, un grand nombre de migrants, parfois des femmes accompagnées de leurs enfants, tentent une périlleuse traversée de la Méditerranée à bord d’embarcations de fortune. Entre aléas climatiques et mesures draconiennes de contrôle et de surveillance des points de passages réglementaires… le chemin vers l’Europe est parsemé d’embuches et peut avoir la mort pour ultime étape. Par ailleurs, les atteintes continues aux droits des migrants, qui se manifestent par les rafles, les détentions voire pire, sont régulièrement dénoncées par les ONG nationales et internationales.

«Faire la lumière sur ces noyades»

 

«La justice marocaine doit éclaircir les décès par noyade de migrants subsahariens dans leurs tentatives de regagner l’enclave de Melilla par mer. Le 9 janvier, trois corps de migrants subsahariens sans vie ont été repêchés dans la zone d’Atalayoune, sur les rives de la lagune de Marchica, située à proximité des agglomérations de Nador et de l’enclave de Melilla. Un autre migrant qui serait noyé, d’après des témoins oculaires, pourchassé par des éléments des forces auxiliaires, il serait enfui vers la mer, où il s’est noyé sous les yeux d’éléments des Forces auxiliaires qui ne se sont pas intervenus», peut-on lire dans le communiqué des deux associations.

Ces dernières affirment, dans ce même communiqué, recevoir des informations qui font état d’arrestations de migrants, de mauvais traitements et d’usage excessif de force entraînant des fractures dans différentes parties du corps. L’ARDH et l’ABCDS disent être inquiètes des recrudescences des violences policières lors des rafles et des descentes sur les lieux de refuge des migrants.

Ces deux associations dénoncent ce qu’elles ont appelé la «chasse aux migrants» qui se déroule dans la région de Nador, et appellent les autorités marocaines à mettre fin à toute forme de violence et de se conformer aux engagements internationaux de l’État marocain et à respecter et garantir un traitement humain des migrants. Le communiqué rappelle que le Maroc est signataire de la Convention internationale sur la protection des droits des migrants ainsi que de l’Accord de coopération avec le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Ces deux engagements sont censés permettre d’améliorer les conditions de vie des réfugiés (migrants clandestins) avant leur rapatriement volontaire dans leurs pays d’origine.

Pourtant, l’Agence onusienne reconnaît les obstacles auxquels elle fait face pour recenser les migrants clandestins subsahariens qui arrivent en masse dans notre pays, s’y installent et guettent la moindre opportunité, durant leur transit qui tarde beaucoup, afin de pouvoir s’évader un jour et atteindre
les côtes sud du continent européen.

Le Maroc : du transit à l’immigration

Si le Maroc a été au départ, un pays de transit pour les Subsahariens en partance pour l’Europe, il devient aujourd’hui pour un grand nombre d’entre eux un pays d’immigration. Une étude sociologique publiée en 2010 par le Centre Jacques Berque de Rabat indique que le Maroc est passé d’un pays de transit à un pays d’immigration. Depuis quelques années, certains d’entre eux ont fini par abandonner l’idée de franchir les frontières. Étudiants, médecins, ingénieurs, travaillent dans des secteurs très variés comme la communication, le journalisme… les Subsahariens ou les «Africains» comme on les appelle communément sont font bel et bien partie de notre vie quotidienne.

 

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