Affaire du brûleur du Coran : Obama dans l’embarras

Affaire du brûleur du Coran : Obama dans l’embarras

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Barack Obama le projet du pasteur de FlorideTerry Jones de brûler 200 corans pour le 9e anniversaire des attentats du 11-Septembre. Parlant d’un acte «destructeur», le président américain a exhorté le pasteur fondamentaliste à y renoncer.

«C’est une aubaine de recrutement pour al-Qaida», s’est alarmé le chef d’Etat. «Il pourrait y avoir de graves violences dans des endroits comme le Pakistan ou l’Afghanistan. Cela pourrait intensifier le nombre d’individus qui sont prêts à se faire exploser dans des villes américaines ou européennes», a-t-il mis en garde. Alors que les condamnations venant de l’étranger, et en particulier des pays musulmans, pleuvent, Barack Obama a souligné à quel point la position de Terry Jones était isolée. «C’est complètement contraire aux valeurs de l’Amérique qui a été bâtie sur les notions de liberté religieuse et de tolérance. J’espère que Terry Jones comprend cela et qu’il écoutera de meilleurs anges».

Pour le Président Obama : «la situation est frustrante»

En revanche, il s’est dit incapable d’accéder aux demandes de l’Indonésie ou de l’Inde, qui l’ont appelé à empêcher l’autodafé. La démarche de Terry Jones reste dans le cadre du premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression. C’est ce même amendement qui a permis au Ku Klux Klan (KKK) de brûler des croix ou à des manifestants d’incendier le drapeau américain. Le seul ressort dont disposent les autorités risque de n’intervenir qu’après l’incendie. Tout habitant de Gainesville en Floride, où se situe l’église de Terry Jones, doit obtenir des pompiers un permis avant de faire un feu en plein air. Or le pasteur s’est vu refuser cette autorisation. Mais une telle infraction n’est passible que d’une amende de 250 dollars. La municipalité de Gainesville a promis d’appliquer sa législation anti-feu, qui interdit notamment de brûler du papier. Le président américain a reconnu son impuissance. «La situation est frustrante. Nous sommes un gouvernement de lois et nous devons les respecter. L’histoire de ce pays est faite de gens commettant des actions destructrices et offensantes mais nous devons toujours être sûrs que nous suivons la loi».

Les condamnations ont continué jeudi à affluer de partout à travers le monde. Au Maroc, il n’a été enregistré pour l’instant aucune condamnation officielle du côté du gouvernement ni du côté des partis politiques ou de la socièté civile contrairement aux citoyens lambda qui alimentent cette polémique  en se disant prêt à venger se sacrilège.

 

Au niveau des réactions enregistrées, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a incité à «lire le Coran» plutôt que le brûler. A Paris, le Quai d’Orsay a jugé «inacceptable l’incitation à la haine» du pasteur. «C’est une «insulte» aux morts du 11 septembre, victimes eux-mêmes du «dévoiement de la religion». La conservatrice américaine et ancienne candidate à la dernière présidentielle, Sarah Palin, a aussi exprimé sa désapprobation qualifiant ce projet de «provocation inutile et insensible». De son côté, l’Inde a appelé, quant à elle, ses médias à ne pas diffuser les images du bûcher, qui devrait avoir lieu samedi à 18 heures, heure locale soit 22h, heure marocaine. Toutefois, Terry Jones a laissé entendre qu’un appel de la Maison-Blanche le ferait douter. «Je n’ai pas été contacté par la Maison-Blanche, le Pentagone ou le département d’Etat mais si c’était le cas, cela donnerait à réfléchir», a-t-il déclaré au magazine USA Today.

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