Obama promulgue la réforme de Wall Street

Obama promulgue la réforme de Wall Street

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un clin d’oeil aux républicains qui n’ont majoritairement pas soutenu la réforme, et à l’ancien président réformateur.

«Ces réformes représentent les plus fortes protections du consommateur de l’histoire», a également jugé M. Obama.

«Ces protections seront appliquées par un nouveau régulateur ayant une seule mission: faire attention aux gens, non aux grandes banques, aux organismes de prêt, aux investisseurs», a-t-il ajouté. «Ce n’est pas seulement bon pour les consommateurs, c’est bon pour l’économie».

Mais ce projet de loi hors normes mettra du temps à entrer en application. Les régulateurs chargés de superviser le système financier américain doivent encore écrire de nombreuses réglementations, souvent complexes, pour permettre aux nouvelles mesures d’entrer en vigueur.

Selon des analystes de l’agence de notation Moody’s, les règles à définir devraient notamment prévoir une chambre de compensation centrale, plus de transparence, des exigences plus élevées en termes de marges et de capitaux, voire des plateformes boursières pour les produits dérivés.

Pour M. Obama le texte adopté au Congrès la semaine dernière, avec un ultime vote au Sénat qui a clos des mois de discussions, va mettre fin aux «affaires louches» à l’origine de la crise qui avait culminé à l’automne 2008.

Le texte, de plus de 2 300 pages prévoit notamment, comme l’a souligné M. Obama, la création d’un organisme de protection des consommateurs de produits financiers au sein de la banque centrale (Fed). Il empêche le sauvetage de grandes institutions financières aux frais des contribuables.

Les opposants à la réforme – certains représentants de l’industrie financière et les adversaires républicains de M. Obama – estiment que la nouvelle loi va faire payer l’ensemble du secteur pour les péchés de quelques-uns. John Boehner, le chef de la minorité républicaine de la Chambre des représentants, a déjà appelé à son abrogation.

Sur le plan international, la régulation financière rencontre aussi des résistances. Les efforts du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB) pour renforcer la régulation sont menacés par certains de ses membres qui «succombent aux arguments du secteur», estime mercredi dans le Financial Times Sheila Bair présidente de la FDIC, l’un des régulateurs américains.

La réforme de Wall Street est le deuxième texte majeur de ce type adopté au Congrès sous l’administration Obama, après la loi visant à étendre la couverture maladie en mars.

Toutefois, M. Obama n’a pas encore touché les dividendes politiques de son action à moins de quatre mois des élections législatives de mi-mandat. Dans le tout dernier sondage de l’université de Quinnipiac publié mercredi, 44% des personnes interrogées sont satisfaites du travail du président, contre 48% qui ne l’approuvent pas.

En revanche, Moody’s a réagi mercredi dans un communiqué en saluant la promulgation de la loi qui selon elle, va apporter de «la transparence et de la responsabilisation» dans le secteur de la notation financière.

Emmanuel Parisse

Agence France-Presse
Washington

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