PARTAGER

Une femme devait se faire opérer d’une petite tumeur à la poitrine. Au réveil, une mastectomie totale lui avait été effectuée.

Une enquête administrative et une procédure pénale ont été ouvertes contre la Clinique Sant’Anna de Lugano, propriété du groupe vaudois Genolier. En juillet 2014 une patiente de 67 ans, atteinte d’une tumeur mammaire a été amputée par erreur des deux seins.

«Il s’agit d’un cas choquant mais extrêmement rare et qui ne devrait jamais se produire» a dit vendredi à l’ats le médecin cantonal tessinois Giorgio Merlani. Atteinte d’une tumeur mammaire, la femme aurait dû subir une intervention non invasive au lieu d’une ablation totale. Le médecin en cause a invoqué «une erreur d’identification de la personne.»

«Un procès pénal aura certainement lieu et d’autres personnes, outre le gynécologue qui a procédé à l’amputation, pourraient être impliquées», indique le médecin cantonal. «Nous avons eu connaissance de ce cas en octobre dernier directement par la patiente lésée et après les vérifications d’usage nous avons ouvert une enquête administrative en juin. Nous n’avons pas encore pris de sanction contre le praticien, nous le ferons dès que nous aurons évalué sa position plus à fond.»

Selon Giorgio Merlani, la clinique Sant’Anna de Lugano, propriété du groupe vaudois Genolier, «avait un devoir de diligence» et aurait dû signaler l’incident à la magistrature sans tarder. Estimant que l’erreur médicale constituait une «lésion simple», l’établissement l’a annoncée au terme du délai légal imparti.

Regrets de la clinique

L’amputation survenue par erreur remonte au 8 juillet 2014 a indiqué vendredi le quotidien LaRegioneTicino. Dans un premier temps, le gynécologue a communiqué à sa patiente que l’ablation avait été décidée en raison de l’extension du mal. En octobre toutefois, la femme signalait son cas à l’Office du médecin cantonal, mettant en marche la machine administrative et judiciaire. L’enquête pénale est conduite par le procureur Paolo Bordoli du Ministère public de Lugano.

Dans une note publiée vendredi, la clinique a admis la gravité de l’incident, exprimant ses regrets et sa solidarité envers la lésée. La direction a précisé que la responsabilité de l’erreur sur la patiente amputée incombe uniquement au médecin et ne met pas en cause la clinique. Elle ajoute que le cas en question a été signalé au parquet dans le délai légalement imparti d’une année.

Entretemps toutefois, l’établissement où, il y a quelques mois, est née la fillette du président russe Vladimir Poutine, a revu ses procédures de sécurité lors des prises en charge des patients. La direction rappelle cependant que la clinique compte 90 médecins accrédités et effectue plus de 4000 opérations par année.

«Nous procédons à des contrôles réguliers dans tous les hôpitaux du canton» conclut le docteur Merlani, «nous l’avions fait récemment aussi à la Clinique Sant’Anna et nous n’avons jamais relevé d’anomalie particulière.»

Source : 20min.ch

Commentaires