Pakistan: le départ des cadets en permission se transforme en carnage

Pakistan: le départ des cadets en permission se transforme en carnage

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Sur les 80 personnes au moins qui ont été tuées, 69 étaient de jeunes recrues.

 

C’était, pour la plupart, la première fois qu’ils devaient retourner à la maison depuis qu’ils avaient rejoint les rangs de la Frontier Constabulary, une unité paramilitaire chargée d’épauler l’armée pour surveiller la frontière avec l’Afghanistan toute proche, dans ces zones tribales, bastion des talibans pakistanais et principal sanctuaire d’Al-Qaïda dans le monde.

Après la prière de l’aube et le petit déjeuner, un groupe de jeunes recrues, qui venaient d’abandonner leur uniforme pour des vêtements civils, discutait au milieu des cars et minibus qui devaient les emmener dans leurs villages.

Un regroupement coupable quand on sait que les kamikazes ciblent majoritairement les forces de sécurité d’un Etat qu’ils accusent d’avoir pactisé dès fin 2001 avec Washington, et auquel les talibans ont déclaré le jihad (la « guerre sainte ») il y a près de quatre ans, à l’unisson d’Oussama ben Laden en personne.

C’est justement pour venger le chef d’Al-Qaïda tué par un commando américain il y a 11 jours à une centaine de kilomètres plus à l’est, que les deux kamikazes issus des rangs talibans ont frappé ces jeunes.
« Nos instructeurs nous avaient bien dit qu’il ne fallait pas rester en groupe », regrette Gul Momin, 21 ans, la jambe plâtrée sur son lit d’hôpital. « On était si content » de partir en vacances, lâche-t-il. « J’étais en train de charger mon sac dans le car quand c’est arrivé, après la première explosion, je rampais pour me mettre à l’abri quand la seconde a retenti », se souvient-il.

Le premier kamikaze, à moto, a frappé au beau milieu des cars et minibus où s’entassaient les cadets. Le second a activé sa bombe quand les policiers et les secouristes aidaient les rescapés.
« Certains pleuraient allongés sur le sol, tandis que d’autres agonisaient dans leur sang, il y avait des morceaux de corps partout », raconte encore Gul Momin sur son lit d’hôpital à Peshawar, la grande ville du nord-ouest.

Hidayat Noor, 25 ans, a eu une partie du cou, la jambe gauche et l’épaule déchiquetées par la grenaille que renferment toujours les ceintures d’explosifs des kamikazes. « Quand j’ai ouvert les yeux, tout était détruit, j’ai vu des cadets hurler et appeler au secours, c’était horrible, un bain de sang », dit le rescapé.
Dans les salles, adjacentes, des soins intensifs, comme dans plusieurs autres hôpitaux de la région, une quarantaine de personnes parmi plus de 140 blessés sont entre la vie et la mort.

A Shabqadar, Bashir Ahmed Bilour, ministre provincial sans portefeuille, ne peut contenir sa colère. « Pourquoi ces bêtes visent-elles des innocents, ce n’étaient que de jeunes garçons qui allaient revoir leurs parents, eux aussi étaient musulmans, eux aussi étaient pachtounes (l’ethnie des talibans), je vous demande : pourquoi les talibans s’en prennent-ils à leurs propres compatriotes ? Ce n’est pas l’islam ça », s’insurge le ministre.
« Je suis blessé, mais je vous le jure : je suis prêt à mourir, en martyr, je n’ai pas peur de ces animaux ! », s’exclame sur son lit d’hôpital le jeune cadet Naqeeb Ullah, 22 ans.

AFP_________________

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