Panique, peur et Titanic… : les témoignages de rescapés du Concordia

Panique, peur et Titanic… : les témoignages de rescapés du Concordia

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Soudain, il a entendu « un craquement ». Puis c’est son verre qui s’est mis à glisser le long de la table. Le couple, originaire du sud de l’Angleterre a demandé à un membre de l’équipage s’il y avait un problème. Réponse: « Non, c’est le moteur ».
« Puis les lumières se sont éteintes, et rallumées. Et puis (le bateau) a commencer à pencher de l’autre côté, très loin de l’autre côté. Toutes les assiettes volaient et s’écrasaient. C’était le bazar. Tout le monde attrapait les gilets de sauvetage. Mais ils (l’équipage) ont dit: tout va bien, c’est sous contrôle », raconte le rescapé, 46 ans, à son retour à l’aéroport londonien de Heathrow.

 

L’évacuation se fait dans le chaos, explique le couple, qui a d’abord pris place dans un canot de sauvetage du côté du navire le plus haut sur l’eau. Mais à cause de la gîte, impossible de mettre le canot à l’eau. « Les canots cognaient le flanc du bateau » au lieu de pendre au-dessus de l’eau, explique Mandy, 45 ans. « Je n’y croyais pas. J’étais assise dans le canot, mais le canot n’allait nulle part.

Les passagers s’aident les uns les autres et finalement, le couple réussit à gagner l’autre côté du navire, en glissant sur les ponts « comme sur un toboggan ». « Je me disais c’est la fin. Ma vie va s’arrêter ici. (…) Je vais devoir sauter dans cette eau et je déteste l’eau, » se souvient Mandy, qui n’ira « plus jamais, jamais, jamais, » en croisière.

De nombreux autres témoignages mettent en cause les procédures d’urgence et l’attitude de l’équipage.

Un passager bosnien, Sead Alibegovic, qui se trouvait à bord du Costa Concordia avec son épouse Nasima et est hospitalisé en Allemagne souffrant de « multiples blessures », a déclaré au quotidien bosnien Dnevni Avaz avoir « regardé la mort dans les yeux », en se remémorant la « panique totale » à bord du navire.
« Tout le monde courait dans une ambiance d’hystérie collective, et chacun ne pensait qu’à sauver sa propre peau. L’équipage avait évidemment oublié que son devoir était de rétablir l’ordre et d’attendre que les passagers descendent d’abord. Les membres d’équipage se bousculaient pour fuir avant nous. Dans cette panique, certains tombaient, d’autres leur marchaient dessus. D’autres, désespérés, se jetaient à la mer », a raconté son épouse Nasima Alibegovic.
Danijel Miklauzic, un passager croate en voyage de noces avec son épouse Marinela assure lui aussi « que des membres d’équipage ont fui les premiers le bateau ».
« Personne n’a encadré les opérations de secours et la moitié des passagers ne connaissait pas les procédures », dénonce en écho Artur Silva, 63 ans, l’un des onze passagers portugais à bord du Concordia.
« Je pensais que nous allions mourir. J’ai déjà travaillé dans plusieurs navires et j’ai tout de suite compris que nous allions couler. Il n’y avait plus de lumière et tout se cassait. Il y avait des trous à travers lesquels les gens tombaient, d’autres se jetaient à l’eau. Une horreur, » raconte-t-il au Correio da Manha.
James Thomas, un membre d’équipage britannique de 19 ans, reconnaît que l’évacuation s’est faite dans le « chaos », mais pointe les circonstances particulièrement difficiles. « C’était le chaos parce que nous devions traverser en passant par le centre du bateau, qui avait littéralement été rayé de la carte par la gîte. Tout était partout. »
Ivonne Adriaensens et Roger Pols, 63 ans tous deux, qui venaient d’embarquer sur le Concordia, assistaient à un spectacle de magie. « Vers 22H00, les quelques lumières qui étaient allumées dans la salle se sont subitement éteintes. Nous n’avons rien ressenti, mais en voyant les rideaux proches du podium, nous avons remarqué que le bateau n’était plus droit. On nous a dit de rester calme. Puis nous avons vu le magicien disparaître du podium. Nous avons d’abord pensé que cela faisait partie du spectacle! », raconte le couple, originaire d’Anvers (Belgique) au quotidien flamand Het Laatste Nieuws.
Phoebe Jones, originaire du Surrey (Grande-Bretagne) et danseuse dans le spectacle de magie, était précisément sur scène et s’apprêtait à disparaître dans une boîte quand le Concordia s’est échoué.
« Le bateau s’est mis à pencher, à pencher vraiment énormément. Soudain les lumières se sont éteintes et tout ce qui était sur scène a volé d’un côté. » Les alarmes ne se sont pas déclenchées, mais le jeune femme est allé à son point de rendez-vous d’urgence. « J’avais peur, mais je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait », avant d’être recueillie sur un ferry, poursuit-elle. Et là, « nous avons juste regardé le Concordia couler ».
Une autre jeune danseuse britannique employée sur le navire, Rose Metcalf, avait écrit un billet à sa mère, au cas où elle ne survivrait pas. Elle a été une des dernières personnes hélitreuillée du pont numéro 5. « Nous avions déjà prévu où nager vers le rivage. Dieu merci, nous étions près du rivage, » dit la jeune femme.
Seamus et Carol Moore, une couple de quinquagénaires irlandais, se souviendra longtemps de leur première croisière, effectuée sur le Concordia pour l’anniversaire de Madame… « Nous étions assis sur le rebord du bateau et je lui ai dit +maintenant on sait ce que ressentaient Leonardo DiCaprio et Kate Winslett » dans le film Titanic, a raconté Seamus à l’Irish Times à leur retour à Dublin. Et elle a répondu +au moins, Kate a survécu+. Je crois que c’est ce qui l’a fait tenir ».

AFP_______________

 

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