Paris rapatrie ses ressortissants du Niger

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La consigne est claire pour tous les expatriés français encore présents à Arlit, où cinq ressortissants français ont été énlevés jeudi : ils sont tous appellés à quitter leur site d’extraction d’uranium avant lundi. «Nos ambassades dans la région ont engagé le processus de sortie de la zone rouge de ceux de nos compatriotes qui s’y trouvent», a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. Une demi-douzaine d’employés français du groupe Areva sont arrivés samedi matin à Roissy.

«Nous n’avons pas senti de réelles tensions mis à part le matin où nous avons appris que nos collègues avaient été enlevés. Cela a été un choc soudain. Mais nous avons bien réagi. Nous nous sommes tous regroupés dans une maison d’hôtes», a raconté à la presse Olivier Godon, 40 ans, auditeur interne chez Areva. «En face, il y a des gens qui sont très déterminés, qui sont prêts à tout malgré le dispositif de sécurité, malgré les gardes», a-t-il ajouté, en ayant «une pensée pour nos collègues nigériens qui continuent à travailler là-bas dans les mêmes conditions que nous».

Les expatriés présents sur un autre site, celui de la future mine géante d’uranium d’Imouraren qui doit être mise en service fin 2013 à 80 km d’Arlit, seront aussi rapatriés sur Niamey, a ajouté un porte-parole de Vinci, après une réunion de crise, au siège du groupe à Paris. «Ceux qui souhaitent pourront rester à Niamey, le temps que la situation s’éclaircisse. Les autres rentreront en France pour prendre des vacances ou être affectés sur d’autres chantiers dans le monde», a précisé le porte-parole de Vinci.

Les humanitaires mis en garde

Vendredi, une porte-parole d’Areva avait annoncé que 14 salariés du groupe nucléaire étaient déjà rentrés en France, en provenance de Niamey. Ces employés «ont préféré regagner la France pour une question de sécurité», a-t-elle déclaré. «Plus d’une autre dizaine de salariés doit prendre l’avion vendredi soir à Niamey pour regagner samedi matin Paris», a précisé cette porte-parole.

La France et les autorités nigériennes soupçonnent un groupe de la mouvance d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) d’être lié à l’enlèvement de sept personnes jeudi, dont un employé d’Areva et son épouse, tous deux Français, et cinq collaborateurs – dont un Togolais et un Malgache – de Satom, filiale de Vinci. Le ministère français des Affaires étrangères a toutefois précisé vendredi qu’il n’y avait pour le moment aucune revendication ni demande de rançon.

Bernard Kouchner a cependant mis en garde les humanitaires contre les terroristes d’al-Qaida au Maghreb islamique, lors d’une cérémonie au Quai d’Orsay en mémoire de Michel Germaneau, otage dont la mort a été annoncée en juillet. «La générosité, le courage, le sens du partage, le respect, l’amitié, en un mot toutes ces valeurs qui fondent l’action humanitaire, sachez-le, ne vous protègent en aucune façon contre les terroristes d’Aqmi», a-t-il expliqué.

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