Peines réduites en appel pour cinq militants pro-réformes emprisonnés

Peines réduites en appel pour cinq militants pro-réformes emprisonnés

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Ils ont également été condamnés à payer chacun 7.500 dirhams (environ 720 euros) d’amende, dommages et intérêts, d’après la même source.

En première instance, ces cinq prévenus, en détention depuis juillet, date à laquelle ils avaient participé à une manifestation, avaient écopé de huit à dix mois de prison, pour des violences à l’encontre des forces de l’ordre.

Comparaissant libre, une jeune femme avait pour sa part été condamnée à six mois de prison avec sursis. Cette peine a été ramenée mercredi à trois mois avec sursis.

Le jugement, très attendu, « a été rendu en quelques secondes en l’absence des prévenus et de leurs avocats », selon un militant présent au tribunal.

A la faveur de cette réduction de peines, « ils quitteront la prison d’Oukacha (à Casablanca, ndlr) le 23 janvier », a-t-il précisé.

D’après cette même source, une quarantaine de militants du 20-Février présents dans la cour du tribunal ont manifesté leur joie en criant: « Vive le peuple! »

Les cinq militants ont affirmé durant leur procès avoir été torturés par la police lors de leur période de garde à vue.

Dans un communiqué, Human Rights Watch (HRW) avait évoqué des « aveux douteux ». « Le Maroc ne pourra garantir des procès équitables que lorsque les tribunaux enquêteront sérieusement sur les allégations d’aveux forcés », avait estimé l’ONG, basée à New York.

Le mouvement du 20-Février, né en 2011 dans le contexte du Printemps arabe, revendique des réformes politiques profondes et plus de justice sociale.

Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante), il y aurait près de 70 jeunes de ce mouvement actuellement en prison, pour des accusations de trafic de drogue, participation à des manifestations non autorisées ou encore violences contre des forces de l’ordre.

Mardi, lors d’une conférence de presse, des responsables du 20-F ont accusé les autorités d’acharnement.

« La répression a pris de nouvelles formes à travers les accusations non fondées de détention de stupéfiant et les pressions pour couper les vivres aux militants », a ajouté Mustapha Elgomri, l’un de ces responsables.

Un autre militant, Mounir Redaoui a dénoncé la saisie du matériel informatique de son magasin de Kenitra, ville située à 40 km au nord de Rabat, au motif qu’il ne disposait pas de factures, ce qu’il a réfuté.

Contacté par l’AFP, un responsable de la direction de la police n’a pas souhaité réagir.

 

 

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