Perturbations de la distribution d’eau potable à Meknès : Ruée vers les...

Perturbations de la distribution d’eau potable à Meknès : Ruée vers les sources d’eau !

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En effet, chaque jour, au début de l’après-midi, Ain Maarouf, Ain Khadem, Ain Tamchachate, Ain Atrous… sont prises d’assaut par une population désemparée qui ne sait plus comment apaiser sa soif, surtout que le problème perdure et qu’aucune solution, à court terme, n’est envisagée par des responsables qui semblent se complaire dans une certaine «banalisation» de la situation. Les coupures, au quotidien, semblent presque «normales». Chacun fait appel à son ingéniosité dans le système «D».
Les bidons, le va et vient des véhicules vers les sources offrent une image dégradante d’une ville impériale qui ambitionne de devenir un centre d’attractivité pour investisseurs et touristes. La ville se ruralise et se dévalorise, gâchant encore une fois ses atouts en tant que cité millénaire.

 

En plus des coupures, apparemment, la turbidité de l’eau du robinet dépasserait de loin la valeur limite de potabilité. D’ailleurs les consommateurs sont en général très sensibles à la qualité de ce paramètre qui se repère par l’aspect trouble de l’eau, chargée en particules diverses de sol. L’eau du robinet est «boueuse», non buvable et très probablement non potable. Dernièrement, l’eau est certes moins boueuse mais la confiance des meknassis est loin d’être acquise. Il faudra certainement du temps pour que le citoyen meknassi renoue avec la consommation de l’eau du robinet.

Ce phénomène est devenu récurrent à Meknès, chaque fois que les environs de la cité ismaïlienne connaissent de fortes précipitations. 
Pour les ressources actuelles, elles proviennent à 50% à partir des forages ONEP et 50% à partir des sources exploitées par la RADEM. Après chaque forte précipitation, la qualité des eaux des sources Ribaa et Bittit se dégrade à cause de l’augmentation du taux de turbidité, et par conséquent les eaux des sources deviennent inexploitables et des restrictions dans la distribution d’eau deviennent inéluctables.

Parmi les solutions retenues, le renforcement de l’approvisionnement à partir des forages de 300litres/seconde dont 150 litres/seconde à fin 2010 avec un coût estimé à 18 millions de dirhams, la réalisation d’une station de traitement de la turbidité des eaux des sources à l’horizon 2011-2012 avec un coût estimé entre 130 à 150 millions de  dirhams, la réalisation de l’adduction à partir du barrage Idriss Premier ( 2 m3 / sec) pour satisfaire les besoins des deux villes impériales Meknès et Fès à l’horizon 2015-2016 avec un coût estimé à 1700 millions de dirhams et enfin la construction du barrage Ouljet Soltane dont le démarrage des travaux est prévu cette année. Voici, sommairement les projets qui permettront de satisfaire, en toute sécurité, les besoins en eau potable de la ville de Meknès à moyen et long terme. Mais aucune solution dans l’immédiat n’est en vue.

Hassan BENMAHMOUD

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