PETITES BONNES : ENFIN UNE LOI POUR LES PROTEGER

PETITES BONNES : ENFIN UNE LOI POUR LES PROTEGER

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Ce dispositif juridique était tant réclamé devant les nombreux abus de la part d’employeurs n’hésitant pas à faire subir parfois tous les supplices à des fillettes qui ont conduit au décès de bon nombre d’entre elles dans une injustice totale. Cette nouvelle réglementation sur le travail domestique interdit formellement et en premier lieu le travail des jeunes filles de moins de 15 ans. Elle stipule en outre que l’emploi de celles âgées entre 15 et 18 ans est soumis à une autorisation parentale et que les tâches dont elles sont chargées ne doivent comporter aucun danger et qu’elles doivent se dérouler dans des conditions de travail à respecter avec des réaménagements des heures de travail. En cas d’infraction à cette réglementation, des sanctions sont prévues à l’encontre des employeurs et des intermédiaires. Par ailleurs, ce texte de lois prévoit toute une série de mesures au profit des employés de maison en général, aussi bien les femmes de ménage que les cuisiniers, les chauffeurs et autres jardiniers. Ils doivent désormais disposer d’un contrat de travail et d’un salaire régulier ainsi que de la couverture sociale, du droit à un congé hebdomadaire ainsi qu’à des indemnités en cas de licenciement.

 

Ce dispositif législatif homogène reste pourtant incomplet par certains de ses aspects. Il en est ainsi de la responsabilité des parents qui deviennent parfois complices des employeurs en fermant les yeux sur les cas d’abus soit par ignorance soit par intérêt matériel, un phénomène longtemps décrié par les associations en charge de ce problème et qui voit enfin leur travail de lobbying récompensé pour le plus grand bien de ces petites bonnes sans défense aucune et livrées à leur triste sort. Parfois un sort cruel très souvent rapporté par les médias comme cet affaire actuellement jugée par un tribunal du pays et relative au décès d’une petite fille âgée d’à peine 11 ans et qui est morte suite aux sévices que lui faisait subir la femme qui l’employait, aujourd’hui emprisonnée en attendant son jugement définitif. Un cas parmi tant d’autres qui ont défrayé la chronique et qui ont été dénoncés avec force. Cette exploitation de fillettes en âge d’aller à l’école mais vivant dans des situations d’exploitation et des conditions inhumaines et pour des salaires de misère avait fini par nous valoir des blâmes de la part des organismes internationaux reprochant aux autorités leur laxisme devant un tel phénomène d’avilissement de la personne humaine particulièrement au sein de populations fragiles soumises à de vils traitements et exposées aux situations les plus éprouvantes physiquement et moralement.

Avec cette loi sur le travail domestique, le gouvernement qui vit ses dernières semaines a pris une mesure courageuse qui fait avancer le Maroc de plusieurs rangs dans le classement mondial des pays qui placent , les droits de la personne humaine et sa protection notamment au niveau de la jeunesse,  parmi leurs priorités. Reste à présent à passer à l’étape suivante dès les premiers jours de l’application de ces textes, à savoir une large campagne de sensibilisation des cibles concernées avec un accent sur celle des parents issus du monde rural qui sont les principaux pourvoyeurs de ce marché des petites bonnes qui ne connaissait jusqu’à présent aucune règle ni aucune limite.

Jalil Nouri pour actu-maroc.com ______________

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