Portugal: criblée de dettes, Madère a voté sous l’oeil inquiet de Lisbonne

Portugal: criblée de dettes, Madère a voté sous l’oeil inquiet de Lisbonne

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L’inamovible Alberto Joao Jardim dirige depuis 33 ans l’archipel de Madère, une région autonome portugaise, située dans l’océan Atlantique à quelque 1.000 km au sud-ouest du Portugal, connue pour ses qualités touristiques et son vin doux.

Selon les sondages, il devrait à nouveau conduire à la victoire le Parti social démocrate (PSD, centre-droit) également au pouvoir à Lisbonne depuis juin dernier.

Le scrutin s’est déroulé sans incident grave mais des opposants à M. Jardim l’ont accusé d’avoir « illégalement » mis des véhicules municipaux à disposition de ses partisans pour les conduire aux bureaux de vote qui ont fermé à 19H00 (18H00 GMT).

M. Jardim, très controversé pour ses tendances populistes, a abordé ce scrutin dans un contexte défavorable.

Il a fait l’objet de vives critiques du gouvernement portugais pour avoir accumulé une dette de 6,3 milliards d’euros, considérable pour un archipel de 800 km2 dont la population ne dépasse pas les 270.000 habitants.

Cette dette inattendue est venue peser sur le déficit du Portugal qui représentait 8,3% du PIB fin juin alors que le gouvernement veut le ramener à 5,9% à la fin de l’année.

Lisbonne redoute que le « dérapage » de Madère n’entame sa crédibilité auprès de ses créanciers, -Fonds monétaire international et Union européenne- qui lui ont accordé une aide de 78 milliards d’euros en échange d’un rigoureux plan d’austérité et de réformes.
« Les irrégularités » détectées à Madère « affectent négativement la crédibilité du pays », a déclaré récemment le ministre portugais des Finances, Vitor Gaspar tandis qu’un strict programme de redressement financier doit être mis en oeuvre dans l’archipel après les législatives régionales.

Balayant les critiques, M. Jardim a affirmé que sa dette n’était qu' »une goutte dans l’océan » et s’est fait fort, à l’occasion des élections, de donner « une raclée » à ses détracteurs.

A Lisbonne, les amis politiques de M. Jardim ont pris leur distance et le Premier ministre, Pedro Passos Coelho, s’est abstenu de faire campagne à ses côtés.

Mais en 33 ans de pouvoir M. Jardim s’est constitué une solide base électorale. Ses efforts pour moderniser l’archipel -développer le réseau routier, améliorer l’infrastructure hôtelière- ont donné des résultats. Mais d’autres réalisations, jugées parfois pharaoniques, se sont révélées inutiles et plusieurs sont restées inachevées.

L’affaire des dettes cachées pourrait avoir érodé son crédit auprès des électeurs. Les sondages lui donnent en effet entre 48 et 53% des votes, loin des 62 % obtenus il y a quatre ans.
« Nous avons confiance en lui. S’il est au pouvoir depuis si longtemps c’est que les gens votent pour lui », estime David Santos, un étudiant de 23 ans. « Il a caché la dette pour ne pas perdre de voix », critique en revanche son camarade Pedro.

Dans cette affaire, le Parti socialiste, principale formation d’opposition, est monté au créneau, reprochant au gouvernement de ne pas avoir sanctionné M. Jardim.

AFP_________________

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