Pour les associations mauritaniennes, le rapatriement des réfugiés n’est pas fini

Pour les associations mauritaniennes, le rapatriement des réfugiés n’est pas fini

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Entre 1989 et 1991, de violents affrontements communautaires en Mauritanie ont conduit à l’expulsion de dizaines de milliers de citoyens d’origine négro-africaine vers le Sénégal et le Mali. C’est ce qu’on désigne aujourd’hui sous le terme de « passif humanitaire ».

Le Collectif des veuves et des rescapés des événements de 1989, le Forum national des associations des droits de l’homme, les associations anti-esclavagistes SOS Esclave et l’initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), autant d’organisations qui ont signé ce samedi 24 mars cette Plateforme.

Pour Outouma Soumaré, président du comité de suivi de la Plateforme, malgré la clôture ce dimanche de l’opération de rapatriement des Mauritaniens du Sénégal, la question du passif humanitaire est loin d’être réglée : « certes, c’ [l’opération de rapatriement, NDLR] est une solution puisque certains des réfugiés ont été identifiés et sont revenus mais il s’agit d’une solution partielle pour la simple raison que l’ensemble des réfugiés au Sénégal n’ont pas été tous identifiés faute de moyens. Selon les chiffres que nous avons, ils sont encore 15 000 à réclamer leur identification comme réfugiés mauritaniens au Sénégal, suite aux évènements de 1989. Il faut signaler qu’au Mali, les réfugiés n’ont pas été du tout identifiés ».

Pour les signataires, la réconciliation ne pourra se faire qu’après un examen de conscience national et consensuel comme l’indique Outouma Soumaré : « C’est une lutte contre l’oubli mais c’est aussi une lutte pour une véritable réconciliation nationale. Notre ambition est de prôner la mise en place d’une commission vérité, justice et réconciliation qui va avoir comme tâche, non seulement de rechercher la vérité en écoutant les victimes et les ayants droit, ainsi que les auteurs présumés, mais aussi à travers ce travail à l’échelle de tout le pays, permettre au processus du pardon de se mettre en place qui peut être spontané ou consenti après avoir pris en compte les préoccupations légitimes des victimes rescapées et des ayants droit ».

La Plateforme se veut ouverte à la signature de tous, y compris des partis politiques.

En février 1989, à la suite d’un incident à la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal, de violents affrontements éclatent entre Mauritaniens et Sénégalais, mais aussi entre nationaux maures ou négro-africains. De violentes émeutes anti-mauritaniennes ont lieu à Dakar, à l’image des répressions anti-sénégalaises qui ont lieu côté mauritanien, provoquant l’exode et l’expulsion de dizaine de milliers de personnes.

Selon les organisations des droits de l’homme, plusieurs centaines de personnes trouvent la mort, et notamment dans les rangs de l’armée, qui exerce entre 1990 et 1991 une sanglante répression contre ses éléments négro-mauritaniens.
La rupture des relations entre Nouakchott et Dakar, symbolisée par la fermeture de la frontière, durera jusqu’en 1992.

 

rfi.fr______________

 

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