Pourquoi les otages de Daech restent impassibles lors de leur exécution

Pourquoi les otages de Daech restent impassibles lors de leur exécution

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Un ancien traducteur de l’Etat islamique a révélé pourquoi les otages en combinaison orange (symbole de Guantanamo) restent impassibles lors de leur exécution. Selon une confidence faite par « Saleh » (nom d’emprunt) à Sky News, les victimes ont été soumises à d’innombrables reprises à des mises à mort factices, leur donnant une fausse impression de sécurité. Quand c’était « pour de vrai », les otages croyaient à un énième simulacre d’exécution.

 « Saleh », un ex-interprète qui a fui Daech pour la Turquie, dit avoir obtenu cette information lors de discussions avec « Jihadi John », ce Britannique suspecté d’avoir exécuté plusieurs otages. La stratégie de l’EI? Faire croire aux prisonniers qu’il ne s’agit que d’une vidéo de propagande pour les amadouer et leur donner l’impression qu’ils n’allaient pas mourir pour les rassurer.
« Il me disait de leur dire qu’il n’y avait pas de problème, que c’était juste une vidéo. Nous n’allons pas vous tuer, nous demandons à votre gouvernement d’arrêter les attaques en Syrie. Nous n’avons aucun problème avec vous. Vous êtes seulement nos invités ». Voilà le discours fallacieux répété à l’envi par les bourreaux de Daech aux otages.

Nom arabe
Autre stratégie pour qu’une sorte de confiance s’installe: attribuer aux otages un nom arabe. C’est ainsi que le photographe japonais Kenji Goto avait été rebaptisé « Abu Saad ». « Quand ils lui parlaient, je voyais qu’il se sentait clairement plus à son aise », raconte Saleh.

Ce témoignage expliquerait donc pourquoi les victimes – les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff, les travailleurs humanitaires britanniques David Haines, Peter Kassig et Alan Henning ainsi que Kenji Goto et son compatriote Hauruna Yukawa – sont restées si calmes sur les images de leur exécution. Pour eux, il s’agissait d’une nouvelle mise en scène destinée à infléchir la politique de leur pays.

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