Poussée de fièvre germanophobe chez certains politiques français

Poussée de fièvre germanophobe chez certains politiques français

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C’est un nom, venu du fin fond de l’histoire, du XIXe siècle, qui reste dans l’inconscient collectif français comme un symbole de l’ennemi héréditaire. Un nom qui évoque la Prusse, le Reich, la guerre de 1870 et la perte de l’Alsace et de la Lorraine, et par extension tout ce qui en a découlé : deux guerres mondiales qui ont fait plusieurs millions de morts.

Ce n’est donc pas un nom que l’on prononce à tort et à travers. Ce nom, c’est celui du chancelier allemand de l’époque, Otto Von Bismarck. Ce nom, c’est Arnaud Montebourg qui l’a prononcé en déclarant « la question du nationalisme allemand est en train de ressurgir au travers de la politique à la Bismarck de madame Merkel », la chancelière allemande actuelle.

Levée des inhibitions

Ce n’est donc pas rien, d’autant que cette sortie n’est pas complètement isolée. Jean-Pierre Chevènement, autre candidat déclaré à la présidentielle, sénateur de Belfort, avertit ce vendredi 2 décembre 2011 au lendemain du discours de Toulon de Nicolas Sarkozy sur l’Europe : « Si on se coule dans le moule allemand, moule extrêmement rigide, nous allons vers la catastrophe ».

Quelques jours auparavant, au moment du sommet de Strasbourg entre la France l’Allemagne et l’Italie, le député socialiste de Paris Jean-Marie Le Guen avait comparé Nicolas Sarkozy à Edouard Daladier allant signer les accords de Munich. Des accords signés en 1938 avec Adolf Hitler, rien de moins. Angela Merkel n’a pas relevé, mais elle aura sans doute apprécié.

« Germanophobie hystérique »

La polémique enfle et la majorité rebondit. Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a publié un communiqué dans lequel il juge que « par pure tactique politicienne, avec pour seul objectif l’affaiblissement du président français, les socialistes prennent les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie ».

Plus tôt, Jean Leonetti, ministre des Affaires européennes, dénonçait « une germanophobie hystérique » des responsables de gauche, y associant même François Hollande. Il est vrai que le candidat socialiste à la présidentielle n’a pas franchement condamné les déclarations d’Arnaud Montebourg, indiquant seulement que « chacun doit se respecter, chacun doit comprendre l’autre », tout en ajoutant qu’il « ne peut pas y avoir un pays qui veuille imposer ses vues aux autres ».

« L’Europe à la schlague »

D’autres à gauche, ont été plus fermes. S’il reproche à Nicolas Sarkozy de n’avoir pas su « construire une relation équilibrée » avec l’Allemagne, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault, par ailleurs professeur d’allemand de formation, s’est dit en désaccord avec les déclarations du trublion Montebourg : « Je ne conseille pas d’aller sur ce terrain car on perdra à coup sûr », a-t-il indiqué.

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, estime qu’il faut combattre Angela Merkel parce qu’elle est libérale, « pas parce qu’elle est allemande ». « La paix n’est pas un état de nature, c’est une construction politique », ajoute-t-il.

Quant à l’écologiste franco-allemand Daniel Cohn-Bendit, il accuse Arnaud Montebourg de « faire du Front national de gauche ». Des réflexions qui n’embarrassent pas et qui n’engagent pas Marine Le Pen, moins précautionneuse, on le sait, avec l’histoire, elle qui a comparé les prières des musulmans dans la rue à l’occupation allemande.

La présidente du Front national a retenu du discours de Toulon « l’annonce d’une Europe ‘à la schlague’, c’est-à-dire l’Europe qui entraîne la perte de notre souveraineté ». « Schlag » est un mot allemand, qui se traduit par gifle ou coup, ce qui aide pour atteindre le but recherché : frapper les esprits plutôt que les faire fonctionner.

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