Primaires aux Etats-Unis : les grandes manœuvres républicaines

Primaires aux Etats-Unis : les grandes manœuvres républicaines

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D’après Vincent Michelot, directeur des relations internationales de l’IEP de Lyon, ce mouvement « a pris en otage les primaires républicaines », il se comporte en « faiseur de roi, obligeant les candidats à se déporter à droite sur des thématiques comme l’immigration ou l’impôt ». Mais c’est un « pouvoir pervers », car « la sociologie de ceux qui contribuent à la primaire républicaine n’est pas celle des électeurs qui votent lors de l’élection générale le premier mardi de novembre ». Et « si cela continue comme ça, on va directement vers une réélection du président Obama, faute de pouvoir désigner un candidat qui soit éligible. Le seul à l’être véritablement étant Mitt Romney ».

Compassion interdite

Mais les Tea Party ne pardonnent pas à Mitt Romney d’être ce qu’il est : un homme politique de la Nouvelle Angleterre, la zone la plus progressiste des Etats-Unis. Ils lui reprochent en particulier d’avoir promu dans le Massachusetts une réforme de la santé qui ressemble étrangement à celle, abhorrée, de Barack Obama. D’où les contorsions de Mitt Romney quand on l’interpelle sur ce thème. Dans un entretien télévisé, celui qu’on surnomme l’« Inévitable » a tenté de répondre à ces critiques en dissociant le système qu’il a parrainé de celui que le président a fait voter en 2010. Il aurait privilégié « une approche conservatrice » en contraignant ceux qui ne souscrivent aucune assurance santé tout en en ayant les moyens à « se soigner à leurs frais », tandis que la démarche de Barack Obama serait « un premier pas vers le socialisme ».

Le gouverneur du Texas Rick Perry a lui aussi beaucoup déçu les Tea Party. Après avoir adulé ce champion de la droite dure, les ultra-conservateurs ont découvert qu’il avait aidé, au Texas, les enfants de sans-papiers à aller à l’école. Le gouverneur aux politiques musclées en a été réduit à se justifier sous les huées, lors d’un débat organisé en Floride : « Si vous dîtes qu’on ne devrait pas éduquer des enfants qui sont venus dans notre Etat pour la seule raison qu’on les a amenés là sans leur demander leur avis, je pense que vous n’avez pas de cœur. Il nous faut éduquer ces enfants, sinon ils deviendront un problème dans notre société, a-t-il assumé. C’est une décision qui concerne le Texas, approuvée par les parlementaires texans, et que je soutiens toujours fermement »…

Le simplisme du 9-9-9

Aujourd’hui, les républicains sont entichés d’Herman Cain, qui leur a concoctés une réforme fiscale sur mesure. Un plan dit 9-9-9, qu’il a qualifié de « solution audacieuse face à l’économie moribonde », en fait un 9% universel s’appliquant à la fois au revenu des particuliers, aux bénéfices des entreprises, et taxant les ventes (une sorte de TVA à l’américaine). Ce qui éliminerait ou remplacerait tous les impôts existants. En réalité, précise Vincent Michelot, « c’est une formule qui conduirait à des hausses fiscales pour les classes moyennes et les classes moyennes inférieures », sous couvert de réductions fiscales. Malgré la cote actuelle du candidat (aux environs de 25%), cette proposition au « simplisme primitif ne risque pas de le porter très loin », estime Vincent Michelot. « D’autant qu’il a des difficultés à financer sa campagne. Face à Rick Perry et Mitt Romney qui ont mis en place de véritables machines de guerre, il est peu probable qu’il se maintienne au-delà des huit premières semaines des primaires ».

La disgrâce, tout comme elle a rapidement touché cet été Michele Bachman après une envolée des sondages en sa faveur, guetterait donc forcément aussi Herman Cain à terme. D’ailleurs la campagne de publicités télévisées, cette étape où l’argent investi fait vraiment la différence, n’a pas encore commencé. Rick Perry pourrait en profiter pour se refaire une santé dans les sondages avant les tout premiers votes des primaires, dans l’Iowa et le New Hampshire, qui se dérouleront normalement en janvier. Si toutefois d’autres Etats comme le Nevada, en avançant leur propre calendrier, ne viennent pas contraindre ces deux Etats historiquement pionniers du processus à avancer leurs propres dates. L’Iowa vient de choisir le 3 janvier 2012. Qu’en sera-t-il du New Hampshire ?

 

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