PROJET DE TGV : DES VOIX CONTRE

PROJET DE TGV : DES VOIX CONTRE

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Il faut dire que l’investissement est particulièrement lourd, 33 milliards de dirhams, en comparaison avec sa nécessité, alors que le maillage basique du réseau ferré n’est pas encore achevé et que plusieurs villes importantes en sont exclues.

 

Certains s’interrogent à titre d’exemple sur le fait que des privés, devant la démission de l’état, s’efforcent de réunir la somme de 7,7 milliards de dh pour la construction d’une autoroute Fès-Tanger Med, un projet hautement plus utile pour les deux régions et leurs investisseurs. Mais ce qui révolte le plus les détracteurs du projet, c’est son coût faramineux, qui profite largement à la France alors qu’elle participe dans le tour de table à hauteur de 30 % sous forme de crédits à des taux avantageux, il faut bien le préciser. En Argentine, pays plus riche que le Maroc, il était prévu en 2008, de construire une ligne TGV longue de 750 km entre Buenos Aeres et Cordoba , à un prix nettement plus bas, mais le projet a été oublié en raison de problèmes de financement et de rationalisation des dépenses. A titre  comparatif, le projet de TGV marocain coûtera 6 fois plus cher que celui retenu par l’argentine, d’autant plus que le pays se trouve dans une phase financièrement délicate avec un déficit budgétaire de l’ordre de 6%. N’était-ce la générosité de certains pays arabes du Golfe qui ont accordé des facilités, jamais le Maroc n’aurait pu boucler un budget aussi lourd pour les caisses de l’état surtout en période de risques de récession mondiale. Du reste, il est important de noter que sollicitée à son tour, la Banque Européenne de Développement, a refusé d’accorder au Maroc, un prêt de 4 milliards de dh dans le cadre de ce projet en évoquant le fait que celui-ci a été accordé sans appel d’offres et en toute opacité, insinuant ainsi que l’entreprise Alsthom qui a décroché le marché a été privilégié dans cette affaire.

Autres réticences, exprimées par l’acteur associatif Karim Tazi qui déclare ne pas être sûr que le Maroc ait besoin d’un tel projet alors que pour sa part, Fouad Abdelmoumni, voix prépondérante de la gauche marocaine estime que le projet de TGV est un scandale dans les conditions actuelles du Maroc où des régions entières enclavées ne disposent pas du strict minimum pour survivre. Le débat sur le TGV marocain, le premier en Afrique et dans le monde arabe fait couler beaucoup d’encre et restera ouvert dans les prochaines années tant que son utilité réelle et ses avantages ne seront pas prouvés.      

 

JALIL NOURI POUR ACTU-MAROC.COM __________________________

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