« Indignés »: champ de bataille sur une place historique de Rome

« Indignés »: champ de bataille sur une place historique de Rome

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Des groupes d’inconnus masqués de foulards noirs ou de cagoules ont harcelé les forces de l’ordre, jetant pavés, cailloux et fumigènes sur les fourgons de police, qui tentaient de manoeuvrer à toute allure à travers la foule.

Pris d’assaut, l’un de ces véhicules a pris feu au milieu des manifestants.

La police a tenté de charger les « casseurs », semant la panique parmi les manifestants pacifiques qui avaient commencé à arriver sur la place.

Nombre d’entre eux, ainsi que des touristes désemparés, se sont réfugiés sur les marches ou à l’intérieur de la plus ancienne église de Rome, surnommée « la mère » de toutes les églises du monde.

Des dizaines d’autres manifestants ont quitté les lieux les bras en l’air afin de ne pas être confondus avec des casseurs. Une jeune fille a été vue le visage en sang.
« Ca me dégoûte. C’est la faute du gouvernement qui a contraint les jeunes à se comporter ainsi. Ils ne nous laissent pas le choix », a affirmé Laura, 23 ans.
« C’est incroyable », renchérissait Roberto, 50 ans. Selon lui, la police « a transformé ça (ndlr: une manifestation qui devait être pacifique contre la précarité et la finance mondiale) en émeute. On aurait pu manifester pacifiquement ».

Aux abords de la place, où la circulation n’avait curieusement pas été interrompue, des voitures de luxe ont été accueillies à coups de pierre. D’autres pratiquaient un véritable slalom entre poubelles et immondices brûlés.

Des manifestants expliquaient aux personnes arrivées dans les parages qu’il était préférable de rebrousser chemin.

Les forces de l’ordre ne sont parvenues à évacuer complètement la place que peu avant 20h00 (18h00 GMT). Des incidents sporadiques ont alors été signalés dans les environs, des groupes d’irréductibles continuant à s’opposer aux forces de l’ordre. D’autres ont dressé des barricades non loin de la gare centrale, et un Mac Do a été saccagé.

Des dizaines de milliers de personnes avaient rejoint la manifestation à Rome dans le cadre de la journée mondiale des « indignés ». Mais dès le début du cortège, des groupes d’inconnus ont fracassé les vitrines de deux banques via Cavour à l’aide de panneaux de la circulation, avant de prendre la fuite et se mêler à la foule des manifestants.

Certains ont incendié des voitures et mis le feu à une annexe du ministère de la Défense à deux pas du Colisée.

Le centre de Rome avait été verrouillé dès le matin par la police. Mais celle-ci a protégé en priorité les lieux clés du pouvoir en Italie, tels que la présidence de la République, le siège du Parlement ou la résidence privée du chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

En début de soirée, les manifestants ont rejoint tristement les quelque 750 autocars venant de 80 villes d’Italie qui avaient été affrétés pour l’occasion.
« Ils feraient mieux de brûler le Parlement que nos maisons », commentait amèrement un passant.
Rien de ce qui était prévu – prises de parole à l’issue de la manifestation, installation de tentes sur la place… – n’a pu avoir lieu.

Mais aux alentours de Saint-Jean de Latran, on pouvait lire, tagué sur un mur: « Ca, oui, c’est de l’indignation! ».

AFP________________

 

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