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« La Marche verte : Le retour des branches à la racine », le documentaire qui fait pleurer

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-Par Mohamed Touzani-

Correspondant de 2M en Belgique, El Bouharrouti a signé une oeuvre de bonne facture avec ce film de 52 mn, qui a été projeté la première fois à Bruxelles lors de la commémoration du 35ème anniversaire de la marche verte, le 6 novembre dernier.

Réaliser un documentaire sur la marche verte, c’est un pari trop risqué, mais le jeune producteur n’a pas déchanté.

« C’est un défi que je me suis lancé : présenter et faire découvrir la Marche verte aux centaines milliers de marocains vivant à l’étranger et qui n’ont pas vécu l’évènement », a-t-il confié à la MAP en marge de sa participation à ce colloque.

L’idée de faire ce film est venue à l’esprit de Hassan en lisant le livre-entretiens d’Eric Laurent avec feu SM Hassan II, et qu’il s’est procuré auprès d’un bouquiniste de Bab El Had à Rabat.

Il est fasciné par les péripéties de cette marche « la plus grande et la plus réussie dans l’histoire de l’humanité », et surtout par la confidentialité avec laquelle le défunt Souverain a entouré ses préparatifs.

Seule une poignée de collaborateurs et d’officiers supérieurs de l’armée royale a en effet été mis dans le secret.

Encadrer, acheminer et assurer le gîte et le couvert pour 350.000 personnes qui doivent marcher sur le Sahara est une œuvre colossale que seuls les génies de la trempe de feu SM Hassan II peuvent réussir, affirme-t-il.

Une fois le projet mûri, le réalisateur est parti à l’assaut des archives et à la rencontre de personnes qui ont côtoyé le défunt souverain, contribué à la réussite de l’évènement ou simplement y ont assisté.

Au bout de trois ans de recherches et d’investigations, il a réussi à glaner de précieux documents et témoignages.

Ahmed Osmane, Mohamed Boucetta, Mahjoubi Aherdane ou Mohamed El Yazghi apportent un éclairage captivant sur ce grand fait historique, mais celui de l’ancien ambassadeur du Maroc à Alger et représentant permanent auprès de l’ONU, Ahmed Snoussi est sans doute le plus passionnant.

Le film fait découvrir, dans ce cadre, un document inédit écrit de la main du défunt Souverain : Le texte du serment de confidentialité auquel ont été soumis les membres du gouvernement, lorsqu’ils ont été mis au parfum.

Il parle aussi des accords de Madrid en 1975 sur la restitution du Sahara au Maroc et de l’arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ) attestant des liens historiques d’allégeance entre les chioukhs des tribus sahraouies et les souverains marocains.

Et on découvre aussi la réaction inhumaine de l’Algérie au succès de la marche par l’expulsion « abominable » de 45.000 marocains de son territoire, alors que Houari Boumediene affirmait, quelques semaines plutôt, que « l’Algérie n’avait aucune prétention au Sahara ».

Une bonne partie de la salle a commencé à sangloter lorsque la journaliste de la RTM, Kaima Belouchi, elle aussi victime de ces expulsions arbitraires, a évoqué cette tragédie humaine commise par le pouvoir algérien.

« Les Marocains ont été embarqués dans des conditions inhumaines à la frontière sans avoir le temps de dire au revoir aux voisins ni à leurs familles restées sur place », dénonce-t-elle.

Difficile aussi de retenir son émotion quand Sakina Safadi, du légendaire groupe Jil Jilala, qui a participé à la marche verte, a parlé de ces milliers de braves femmes qui ont laissé derrière elles leurs époux et leur progéniture pour répondre avec enthousiasme à l’appel de la Nation.

Le réalisateur a également tendu le micro à d’anciens responsables du « Polisario », qui ont rallié le Maroc.

Ils racontent, à l’image de Ahmed Ould Souilem, comment l’évènement a été vécu par les Sahraouis et comment il a été manipulé par l’Algérie.

« L’Algérie a vendu aux Sahraouis l’idée que la Marche verte est une invasion du Sahara », témoigne dans le film l’actuel ambassadeur du Maroc en Espagne, évoquant le contexte de la guerre froide « qui se prêtait à la manipulation et l’intoxication ».

La cérémonie de départ du Sahara des derniers soldats espagnols et le remplacement du drapeau espagnol par le drapeau marocain, scellant le retour définitif des provinces du Sud au Maroc, constituent des moments de forte émotion dans le documentaire.

A travers ce film, Hassan El Bouharrouti veut « transmettre un message aux générations futures pour leur raconter ce qu’ont réalisé les ancêtres et ce qu’on fait les Marocains pour récupérer le Sahara ».

En plus de ce précieux documentaire sur le Sahara, le jeune réalisateur a produit un film sur l’émigration clandestine et un autre nom moins intéressant sur le séisme d’Agadir.

En patriote convaincu, il a aussi confectionné un important fascicule sur l’intégrité territoriale du Maroc, qu’il compte distribuer lors du Forum social mondial, prévu début février à Dakar.

 

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