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« Les voyageurs du savoir: partir pour un diplôme », thème d’une exposition à l’Université libre de Bruxelles

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Par Mahjouba Agouzal

L’exposition aborde notamment le thème de l’exil, les conditions de séjour, la participation à la vie étudiante, le retour au pays d’origine, et met en lumière la diversité des situations et le regard que ces étudiants portent sur la Belgique, à travers le parcours illustré d’une dizaine d’entre eux, originaires d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du sud.

L’ULB accueille chaque année près de 22.000 étudiants, dont un quart d’origine étrangère, plus de cent nationalités s’y côtoient. Environ 2000 sont d’origine non européenne.

Le nombre des étudiants dans le monde qui ont choisi de poursuivre leurs études à l’étranger a triplé en trente ans pour atteindre les trois millions.

Les universités en Belgique, véritables villages planétaires, où se côtoient des générations d’étudiants venus d’Europe, mais aussi du Liban, du Maroc, du Congo, du Cameroun, de Chine, d’Amérique du sud, se sont enrichies de la mobilité croissante des savoirs et des cerveaux, a indiqué à la MAP le commissaire de l’exposition, le belgo-marocain Ahmed Medhoune.

Cette exposition, qui s’inscrit dans le cycle « histoire des Savoirs » organisé par l’ULB, rappelle que les civilisations se construisent sur les échanges et les apports des autres cultures.

« Le patrimoine scientifique mondial se construit par des héritages successifs. Cette exposition met à l’honneur les étudiants étrangers partis sur les routes du savoir. C’est vrai pour les étudiants marocains notamment », a ajouté M. Medhoune, qui est également Directeur du département des services à l’ULB.

Qui étudie ? Où ? Comment ? A quel prix ? Et pourquoi ?. L’exposition tente d’apporter des réponses à travers des témoignages et récits de vie de ces étudiants, des documentaires, un reportage photographique et par des commentaires sur l’évolution de la mobilité étudiante, fournies par le groupe d’études sur l’ethnicité, le racisme, les migrations et l’exclusion (GERME).

Ce sont de belles aventures humaines. Ces destinées, riches et surprenantes, font l’objet d’une scénographie forte, de témoignages, de documentaires poignants et de photos à échelle humaine signées Bernard Boccara, a expliqué M. Medhoune.

Le reportage photographique s’est attaché à un certain nombre de témoins, dont le parcours est représentatif d’un projet de vie. Ces photographies illustrent diverses thématiques: l’exil, l’accueil de ces étrangers, les réseaux communautaires, la famille, les amitiés, la vie professionnelle, le regard sur la Belgique, le choix ou non de rester en Belgique.

L’obtention de diplôme est un parcours semé d’embuches, mais ces étudiants sont prêts à beaucoup d’efforts pour réussir, a poursuivi M. Medhoune, soulignant que cette exposition, de par son approche singulière, tente aussi de déconstruire les idées reçues.

La figure du faux étudiant-vrai clandestin reste ancrée dans un imaginaire qui a la peau dure. Faire échec aux stéréotypes, baser ses réflexions sur des données scientifiques et non sur des impressions font également partie des objectifs de cette exposition, a-t-il ajouté.

Il s’agit en l’occurrence de défendre la libre circulation des personnes, la richesse de la mixité et de la diversité aussi, tout comme le droit à l’accès à la connaissance.

L’exposition aborde également le thème du retour. Pour les uns, les plus nombreux, l’avenir passe par le retour au pays.

Pour d’autres rester en Belgique est la conséquence de circonstances et des rencontres. Pour d’autres encore, l’avenir se poursuit: ni ici, ni là-bas, mais ailleurs.

La Belgique, à la différence de la France et de l’Allemagne limite le titre de séjour des étudiants étrangers à la durée des études, ce qui rend impossible pour ces étudiants une fois diplômés d’acquérir légalement une expérience professionnelle même temporaire, regrette Ahmed Medhoune.

Il faut leur permettre cette souplesse de mobilité et donner davantage de liberté de circulation aux étudiants et leur permettre d’apporter ici et là-bas, a-t-il affirmé.

L’exode des cerveaux n’est pas non plus souhaitable. De retour dans leur pays d’origine, ces étudiants peuvent jouer leur rôle d’acteur de développement alors que le maintien de ce capital humain dans le pays d’accueil serait un gain pour celui-ci et une perte pour le pays d’origine, a-t-il estimé.

Cette exposition, organisée à l’initiative de l’ULB, en partenariat avec le GERME, en collaboration avec l’association Schola ULB, se poursuit jusqu’au 16 juillet.

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