« On a jamais vu une telle sécheresse! »: en Espagne, la campagne se...

« On a jamais vu une telle sécheresse! »: en Espagne, la campagne se désespère

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Sous un ciel sans nuages, Fernando Regano montre ses parcelles d’orge et de petits pois, où quelques pousses jaunâtres luttent pour sortir de terre. En ce début de mois de mars, les plantes devraient avoir déjà atteint une taille raisonnable. Cette année, la sécheresse a coupé court à leur croissance.

Déjà, les autorités locales ont décidé de limiter l’arrosage.
« Nous disposons de 2.100 mètres cubes par hectare alors que la consommation moyenne se situe entre 7.500 et 8.000 mètres cubes », explique l’agriculteur, qui prévoit déjà des pertes de l’ordre de 80%.
« Sur cette parcelle, avec 8.000 mètres cubes, je récolterais 20 tonnes d’orge et de maïs alors que dans ces conditions, je n’en aurai que quatre ou cinq tonnes ».

La parcelle a une surface de 70 hectares mais Fernando Regano a déjà dû en abandonner 30, sur lesquels la terre est trop sèche pour être ensemencée.

Cet hiver, selon les météorologues, est le plus sec en Espagne depuis les années 1940. Avec des conséquences très visibles comme ces incendies précoces de forêts et broussailles en Galice et en Catalogne, dans le nord, ou une baisse parfois spectaculaire du niveau des retenues d’eau.

En décembre déjà, l’organisme qui gère les eaux d’arrosage de la région de Sarinena a assuré que les réserves « étaient au quart du niveau nécessaire » pour une saison normale.

A preuve, le réservoir de la Sotonera, qui fournit une partie de cette région, laisse apparaître sur ses bords une bande de terre sèche. Son niveau est descendu à 40% de la normale.

Plus que des aides, les agriculteurs ont besoin d’un bon système de régulation des cours d’eau, explique Fernando Regano, membre de l’association d’agriculteurs Asaja qui chiffre à 1,3 milliard d’euros le montant des pertes subies par les cultures en Aragon.
« Certaines cultures ne pourront pas être récupérées », assure Jesus Montesa, un éleveur de moutons de 59 ans de Lecinena, une commune voisine, qui n’a « jamais vu une telle sécheresse ».

Déjà, il a commencé à puiser dans ses réserves de fourrage pour nourrir ses bêtes, et s’inquiète de l’avenir.
« Nous ne savons pas comment nous ferons si les pâturages viennent à s’épuiser, ni combien cela nous coûtera », explique Manuel, son fils de 27 ans.

Cette année, pour abreuver les bêtes, il a dû transporter de l’eau jusque dans les collines, où de petites sources ont disparu ces dernières années.

Selon l’Union des petits agriculteurs, le manque d’herbe a fait augmenter de 20% les coûts de production cette année, alors que les marges des producteurs souffrent déjà de la hausse du prix du pétrole.
« En 1990, un mouton pouvait être vendu 40 euros, aujourd’hui il atteint 70 euros. Mais ces huit dernières années, le prix n’a pas augmenté, alors que celui du carburant a doublé », ajoute Manuel Montesa.

Sur la commune, le nombre d’éleveurs a chuté de 40 à cinq en quelques années et le nombre de têtes de bétail de 12.000 à 4.000.
« L’élevage est en perte de vitesse, parce que cela demande beaucoup de travail, et nous ne faisons pas de marge », remarque Jesus Montesa dans un sourire amer.
« Il faut qu’il pleuve maintenant, j’espère toujours qu’il pleuvra un jour », lance son fils en grimpant sur son tracteur. Un voeu partagé par les agriculteurs et éleveurs de toute l’Espagne.

AFP_______________

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