Quand Eros s’en mêle

Quand Eros s’en mêle

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Il est cependant vain d’essayer de trouver une définition satisfaisante de ce qu’est l’art érotique. Les perceptions de ce qu’est l’art et de ce qu’est l’érotisme changent selon les époques et les cultures. L’érotisme dans l’art a, la plupart du temps, reflété les valeurs morales et les standards esthétiques de l’époque où il a été produit. Ce qui est acceptable dans une culture peut être obscène dans une autre. D’ailleurs, dans une même culture et à la même époque, la perception de l’érotisme dans l’art peut varier d’une personne à une autre. Alors que pour certains, l’érotisme est une expérience spirituelle, d’autres le comparent volontiers à la pornographie.

Mais la pornographie est une insulte à la beauté et à l’imagination! L’érotisme, c’est comme déguster patiemment un délicieux plat, alors que la pornographie est comme se remplir la panse jusqu’à l’envie de vomir. En d’autres mots, la différence entre l’érotisme et la pornographie est probablement… l’art.

Les artistes sont de grands sentimentaux! Ils ont souvent été inspirés par la nudité et l’érotisme. C’est vrai que l’impulsion érotique, quand elle est mise en action durant le processus de création, tend à chercher encore plus profondément dans le subconscient de l’artiste. Le résultat est que certaines œuvres d’art sont très suggestives (c’est la fameuse artiste Georgia O’Keeffe qui me vient à l’esprit), et d’autres sont beaucoup plus directes –là, je pense à Gustave Courbet et son fameux « L’origine du monde », 1866.

Il y a cinq siècles, un certain Pietro Aretino se faisait malmener à cause de son penchant pour les scènes crues. Pour se justifier, ce dernier répétait : « Pourquoi avoir honte de décrire ce que la nature n’a pas eu honte de créer? » Quelques décennies plus tard, l’église catholique romaine commençait sa fameuse campagne « feuille de vigne » pour couvrir les parties intimes des divers personnages nus dans les œuvres d’art.

L’histoire de l’érotisme qui n’a épargné ni  les grecs, ni les chinois, ni les péruviens, ni les japonais, ni les indiens, ni les arabes, ne touche pas seulement à la peinture, à la sculpture et à la littérature. L’érotisme se retrouve aussi dans le cinéma, à la télévision et dans des domaines inattendus comme la cosmétique et la cuisine. Dès son apparition, la photographie s’est intéressée au nu et à l’érotisme. On prenait alors des prostituées comme modèles, mais aujourd’hui il y a des modèles professionnels.

L’érotisme et le nu sont devenus permanents dans la production visuelle mondiale. Jamais l’érotisme n’a été aussi présent dans l’art comme maintenant. Il suffit parfois d’utiliser une bonne dose de peinture bien épaisse et coulante pour que cela suggère des idées inappropriées !  

 

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