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Les verdicts prononcés par les tribunaux marocains dans les affaires d’adultère
continuent de diviser l’opinion publique puisque ces derniers mois il est devenu clair
que tous les citoyens impliqués dans des délits de ce genre ne sont pas traités sur le
même pied d’égalité, que la loi n’est pas la même pour tous et qu’il n’existe aucune
règle dans ce domaine.

Une affaire d’un président de commune, représentant le parti du Mouvement Populaire dans la région de Khénifra, à M’rirt, vient de le montrer pour alimenter les discussions sur le sujet en se référant à celle de la femmes d’affaires, Hind El Achchabi. Pour cet homme et son amante, une femme mère de trois enfants, la justice s’est montrée très clémente pour un délit d’adultère prouvé puisqu’ils ont été surpris en plein ébats sexuels, en les condamnant à cinq mois de prison, alors que la femme d’affaires a écopé, elle, d’une peine de deux années en appel, pour une même accusation mais pire encore l’adultère n’a jamais été prouvé ni par la police ni par des témoins ni par des enregistrements, d’autant plus que cette dame était mariée au père de ses deux filles durant la période à laquelle ce présumé adultère était censé avoir eu lieu. De quoi susciter bien, des interrogations et bien des soupçons dans le traitement de ce genre d’affaires dont une autre, récente, montre à souhait qu’il n’existe aucune logique dans les peines prononcées.

Tous les marocains gardent en mémoire, le mariage de l’une de leurs compatriotes de la ville de Marrakech, qui entretenait des relations avec acte de mariage authentifié avec deux hommes en même temps mais qui, selon ses dires, affirmait être unie aux deux époux sur la base de faux documents pour n’être condamnée finalement qu’à 7 mois de prison.
Un autre adultère entre deux membres influents d’un mouvement religieux proche du parti islamiste du PJD avait défrayé la chronique quand ils avaient été surpris en flagrant
délit d’adultère dans une voiture en pleine nature. Dans cette affaire la justice avait
montré une ètrange clémence à l’égard des deux amants.

Cette justice à deux vitesses, rendue au nom du Roi, n’est pas pour donner confiance aux
citoyens ni les assurer sur sa cohérence.

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