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Quand le Maroc a mal à sa sécurité sanitaire

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Avec l’affaire de l’eau polluée à Rabat et ses environs,  celle du thé aux pesticides et tout récemment les tomates arrosées aux produits cancérigènes périmés,  il faut croire que le Maroc a très mal à sa sécurité sanitaire. Il n’y a jamais de fumée sans feu et comme certains signes ne trompent pas,  il faut dire que les failles finissent toujours par exploser au grand jour.
Dans un pays où le principe de précaution n’est pas inscrit dans la constitution, les citoyens n’ont pas encore le droit d’être informés sur le degré de qualité des aliments qu’ils consomment,  et malheureusement les contrôles de la traçabilité de la fourche à la fourchette ne sont pas encore  obligatoires et encore moins systématiques !
Concernant l’affaire de l’eau contaminée,  le gouvernement a commencé par nier toute pollution alors que le scandale était bel et bien avéré..
L’office concerné n’a pas apporté la moindre explication, le département concerné non plus,  l’ONSSA n’a pas effectué d’analyses pour vérifier la qualité de l’eau,  aucune association de défense des consommateurs digne de ce nom n’a porté plainte et l’affaire est restée en suspens,  c’est à dire que le black out total a sévi sans répit au grand mépris des citoyens !
Concernant le thé aromatisé aux pesticides,  l’on ne peut qu’être consternés par l’absence de normes de qualité et la défaillance des contrôles de qualité.
Dans un État normalement constitué, des analyses déterminant la qualité de l’eau sont faites régulièrement, et dans la transparence totale, dans toutes les régions et pas seulement en temps de crise !
Mais,  là le gouvernement a raté une bonne occasion de prouver qu’on  est dans la modernité !
Même chose concernant le thé et les tomates pourries aux pesticides cancérigènes, si des analyses étaient effectuées à délais réguliers concernant la teneur en pesticides des fruits et légumes on n’en serait franchement pas arrivé là !
Des contrôles sanitaires stricts et rigoureux sont imposés aux exportations agricoles destinées à l’union européenne, mais malheureusement pas encore pour les fruits et légumes destinés au marché local..
Le comble,  c’est que c’est l’office de sécurité sanitaire français qui a alerté son homologue marocain.. autrement dit, à l’heure qu’il est peut être que personne n’aurait été au courant..
Franchement, l’ONSSA est dans une très mauvaise posture  et doit sérieusement revoir sa copie afin de combler les lacunes et remédier aux failles.
Actuellement nous sommes en présence,  sur le plan juridique et institutionnel , d’un système où l’État a toujours tous les droits au détriment bien malheureusement de ceux des citoyens et au mépris de l’intérêt général !
Bien entendu, à travers l’État il est question des différentes lobbies qui lui servent de relais parmi la classe politique et les deux chambres du parlement..
Mais,  pour aller droit au but,  il n’y a pas encore de débat à propos de tous les dossiers où l’État piétine et méprise la santé publique dés que de gros intérêts financiers sont en jeu !
Notre pays a adopté une très ambitieuse stratégie de lutte contre le cancer à travers la Fondation lalla Salma , mais il se trouve qu’à ce sujet la prévention est primordiale et nécessaire car justement prévenir vaut mieux que guérir.
On en reparlera certainement.
Hafid Fassi Fihri
Actu-maroc.com

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