QUAND METTRA-T-ON FIN AUX FATWAS DE CERTAINS PRÉDICATEURS ?

QUAND METTRA-T-ON FIN AUX FATWAS DE CERTAINS PRÉDICATEURS ?

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Si l’état a réagi fermement par décision de la plus haute autorité du pays de mettre fin à la politisation du discours religieux dans les mosquées, il fait preuve en revanche d’une grande passivité et d’une grande permissivité à l’égard de celui des prédicateurs qui avec le développement des canaux de communication a atteint des paliers inquiétants.

Passe encore pour les « avis éclairés  » du fqih Zemzemi pour tout ce qui touche aux tabous d’ordre sexuel qui se sont transformés en parties de franche rigolade par leur côté loufoque, mais en revanche, la pilule n’est pas passée quand ce dernier s’est permis d’autoriser et de justifier, on ne sait à quel titre, le mariage des mineures, donnant au pays une piètre image auprès des organisations et des opinions internationales qui pensent que ces oulémas sont dûment mandatés par les autorités religieuses pour tenir de tels discours. Ses sorties médiatiques régulières et les fréquentes sollicitations des journalistes en ont fait quelqu’un d’incontournable pour lui conférer une importance discutable qui lui a même permis de se faire élire au parlement.

Mais la limite du supportable a été atteinte et les lignes rouges ont été dépassées quand certains de ces prédicateurs se sont mis à « diaboliser » certaines personnalités publiques comme des penseurs, des intellectuels, des artistes, des militants de la société civile, parfois de manière dangereuse en appelant à leur meurtre. Le cas le plus emblématique est celui du militant amazigh, Ahmed Assid, qui craint désormais pour sa vie après avoir reçu des menaces de mort suite au « jugement » du prédicateur Abou Naim sans que les autorités ne bougent le petit doigt pour incriminer ce dernier.

L’intervention répétée de ces guides spirituels comparables à de vrais gourous de sectes dans le débat public sur des sujets qui intéressent la communauté, ne font que parasiter ce débat et ajouter à la confusion du débat avec le risque de monter une partie des citoyens contre d’autres qui ne partagent pas le même avis. A quand une loi contre les fatwas non officielles pour plus de sérénité et de respect des différences ?

 

Jalil Nouri

Actu-maroc.com ________________________________________________________

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