Quand verra-t-on plus clair que noir?

Quand verra-t-on plus clair que noir?

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parmi les difficultés rencontrées on trouve l’exigence par le vendeur du règlement d’une partie du prix de cession au noir, ce qui contribue d’ailleurs au maintien de l’anarchie du marché de l’immobilier.

Cet argent non déclaré fiscalement rejoint le circuit informel qui déjà pénalise assez lourdement l’économie du pays par des manques à gagner pour les caisses de l’Etat qui se chiffrent en plusieurs milliards de dirhams.

En ce qui concerne cette question du paiement au noir dans les transactions immobilières qui atteint parfois 15 à 25% du prix du bien, je pense qu’il s’agit d’un acte qui n’est pas isolé et qu’il faut replacer dans une chaine qui commence à l’achat du terrain qui comporte une partie non déclarée que le promoteur répercute au moment de la vente du bien immobilier.

C’est une question de mentalité au niveau du rapport qu’entretient le citoyen marocain à l’argent ; pour lui, l’argent en espèce est « le véritable argent », le chèque n’est qu’une écriture, avec en plus cette tare énorme, celle de la traçabilité!

On n’a jamais connu de scandale issu d’un détournement d’un acompte donné en espèce, par contre les faux en écriture (même chez des notaires !) sont légion et la presse a bien décrit quelques exemples dernièrement. En fait, le noir existe car il arrange toute la chaine de production du bâtiment dans laquelle figurent de nombreux produits achetés sans facture ; le sable par exemple et bien d’autres composants.

La Fédération Nationale des Promoteurs Immobilier a initié une campagne de communication en demandant aux membres de la fédération au niveau national d’afficher les prix de vente au niveau de leurs chantiers pour montrer l’exemple en combattant la pratique d’utilisation des dessous de table dans les transactions immobilières .

De plus en plus de sociétés organisées arrivent à minimiser le noir, tout se faisant avec des factures, mais il existera toujours chez le promoteur particulier qui construit dans l’informel cette pratique qui constitue un frein à l’encouragement pour l’acquisition d’un logement pour le citoyen marocain moyen.

L’initiative de la Fédération Nationale Des Promoteurs Immobilier est une bonne action de sensibilisation qu’il faut pousser à généraliser, mais cela demeure très insuffisant pour aboutir à des résultats tellement le « chantier est immense ».

L’ensemble des institutions publiques et privés devraient s’impliquer pour communiquer avec envergure et sensibiliser les gens contre l’utilisation de l’argent noir dans les transactions commerciales.

En outre, la fiscalité devrait être revue pour encourager les promoteurs à tout déclarer : la TPI ; la TVA ; l’inscription à la conservation foncière ont des taux très élevés. Il faudrait ainsi harmoniser tout cela et rendre transparent le mode d’évaluation de l’administration fiscale qui demeure le sujet de peur, d’incompréhension, et de tabous.

Ceci explique peut être cela! Alors, quand verra-t-on plus clair que noir ?

Par Taoufik SEDDIK

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