Quand visiter les Palestiniennes ne ravit pas les autorités égyptiennes

Quand visiter les Palestiniennes ne ravit pas les autorités égyptiennes

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Stoppée dans son élan, la coalition des femmes contre le blocus de Gaza, qui devait être dans la Bande de Gaza dés aujourd’hui à la rencontre des femmes palestiniennes, est toujours en sit-in sur le marbre de l’aéroport du Caire. D’autres femmes ont été expulsées vers leurs pays quand certaines participantes ont pu passer sans encombre.

Nassira, en sit-in à l’aéroport du Caire

En fin d’après-midi, ce jeudi 6 mars, Nassira, partie depuis Paris, est revenue sur leur arrivée à l’aéroport du Caire. « Nous sommes parvenues dans le calme mercredi et on s’est dirigé vers le poste frontière. A quelques mètres de celui-ci, on a aperçu les femmes en provenance de Marseille ainsi que les Belges. Elles semblaient avoir été éconduites et elles nous ont confirmé que c’était le cas. Les Belges ont été emmenées et on ne les a plus vues. Alors la réaction a été spontanée. On a formé un cercle, assises à même le sol. Les autorités nous ont laissées au centre de ce grand hall où nous sommes encore. Nous avons eu tardivement eau et nourriture. On a tenté d’animer le hall par le biais de chansons. Le consul de France nous a rendu visite. On pensait qu’il aurait pu nous apporter une aide, mais ça n’a pas été le cas. Il y a eu des négociations encore et encore. Quant aux voyageurs qui passaient près de nous, certains étaient stoïques. D’autres chantaient avec nous, pour certains seulement. » Ce jeudi 6 mars, Nassira faisait encore partie des femmes en sit-in à l’aéroport du Caire.

Shaheen, expulsée dés l’arrivée

Quant à Shaheen, elle a été expulsée quelques heures seulement après son arrivée. « Mercredi 5 mars, à 11h30, avec deux militantes belges Nadia et Fadwa, nous avons embarqué pour Rome direction le Caire afin de faire partie de la coalition. A 13h40, nous arrivons à Rome et passons le poste frontière. L’un des officiers m’avait demandé pourquoi je voulais me rendre au Caire. Sa question était un peu suspecte mais je n’ai pas trop fait attention. Nous faisons donc escale à Rome et c’est là qu’on a appris que les femmes déjà arrivées au Caire étaient bloquées, voire même avec violence. Après onze heures d’escale, nous partons enfin pour le Caire en sachant ce qui nous attend sur place. A 2h20 du matin, en arrivant sur le sol égyptien, on fait le choix de se séparer afin de ne pas montrer qu’on voyage ensemble. Peut-être aurons nous plus de chance de passer. J’achète mon visa. L’officier valide mon passeport mais vient me chercher cinq minutes après, me demandant de le suivre en me confisquant mon passeport. J’ai donc compris que ça ne fonctionnerait pas pour moi non plus. J’ai retrouvé les deux amies avec qui j’étais arrivée. Nous avons récupéré nos valises et un officier nous demande de le suivre. Ils nous a fait tournées à gauche, à droite… dans tout l’aéroport sans savoir où nous allions ni pourquoi l’accès à l’Egypte nous était refusé. On a compris qu’il nous emmenait dans le terminal pour le retour. Là, il y avait quatre autres militantes françaises qui attendaient depuis des heures. Il y a eu quelques échanges sous tension avec les officiers qui refusaient de nous écouter, de répondre à nos questions. Le ton est monté et l’un des officiers a été violent avec l’une d’entre nous, en lui infligeant des claques. C’est inacceptable mais étant donné l’agressivité allant crescendo, nous nous sommes résignées à obéir pour quitter le Caire. » A 4h30, contre leur gré, elles doivent toutes embarquer pour Rome. Le personnel de bord de la compagnie AirItalia a exprimé du soutien aux femmes d’après Shaheen. A 7h, le groupe arrive à Rome mais il faut attendre que des policiers viennent les escorter pour quitter l’avion. « On était des prisonnières tout simplement. On se rend au commissariat de l’aéroport. Les policiers italiens nous expliquent que malheureusement ce genre de comportement de la part des Egyptiens est assez récurrent. Ils nous laissent tranquillement quitter Rome nous donnant notre billet retour. » A 8h25, ce même jeudi 6 mars, elles embarquent pour un autre vol. Direction Bruxelles alors qu’elles auraient dû être à Rafah pour rejoindre la Bande de Gaza. « Pour nous c’est un retour à la case départ », dit Shaheen, déçue. « Nous essayons juste de faire notre devoir d’être humain, de soutenir et d’aider nos frères et sœurs victimes d’injustices. Finalement on se retrouve à subir ce que les Palestiniens, eux-mêmes, vivent chaque fois qu’ils tentent de rentrer chez eux en passant par l’aéroport du Caire. Ils sont maltraités par les autorités égyptiennes. Arrestations, expulsions arbitraires… les privant de ce droit fondamental qui est celui de pouvoir rentrer chez eux. » Aujourd’hui, de retour dans le nord de la France, Shaheen a un message clair. « J’appelle au boycott d’Israël mais aussi des Egyptiens qui sont devenus des complices. »

Contactée par un journaliste de France 3, Saadia indiquait que même si les femmes n’avaient plus l’espoir de se rendre à Gaza, elles comptaient briser le silence afin de dénoncer encore et toujours le blocus qui se fait sur les Palestiniens de la Bande de Gaza.

Vendredi 7 mars, les femmes en sit-in devraient être sur le retour, expulsées à leur tour tandis qu’elles n’étaient que de passage en Egypte afin de rejoindre la Bande de Gaza par Rafah. Aider et visiter les Palestiniens semblent ne pas ravir les autorités égyptiennes…

 

 

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Siham Touil

Actu-maroc.com ________________

Photo envoyée par Nassira

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