Quelques risques pour l’économie mondiale en 2016

Quelques risques pour l’économie mondiale en 2016

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L’année 2016 s’ouvre sous les auspices des risques géopolitiques, à l’instar des conflits en Syrie, Irak, Yémen, Libye ou Ukraine, bien plus que des dangers économiques ou financiers. Pour autant, les grands traits de l’économie mondiale, en 2016, pourraient bien se résumer à sept enjeux principaux qu’il conviendra de suivre attentivement.

– Premièrement, le risque financier sera de retour avec les engagements du «shadow banking». En effet, le risque financier ne concerne plus les cré́dits spéculatifs accordés aux mé́nages, mais ceux des entreprises, à̀ l’instar de la faillite du fonds Third Avenue à ̀New York en décembre 2015. L’absence de ré́gulation du «shadow banking», l’agressivité́ des fonds «activistes» (à l’origine de la chute de 20% du cours de bourse de Casino en 24 heures) ou les engagements financiers des collectivité́s locales chinoises sont autant de risques qui peuvent dé́stabiliser le marché́ mondial.

– Deuxièmement, le risque de Brexit demeure é́levé́, alors que le référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne se profile autour de l’été 2016. Cette consultation électorale s’avère imprévisible, alors que les élites européennes se retrouvent fort dépourvues à expliquer clairement les avantages d’un maintien au sein de la famille européenne, dans une période où l’économie britannique se révèle florissante.

– Troisièmement, la Chine poursuit sa «nouvelle normalité́» é́conomique, avec une croissance attendue de 6,3% selon le FMI, soit le taux le plus bas depuis vingt-cinq ans. Point positif, la Chine continuera la transformation de son modè̀le de croissance, permettant de poursuivre son chemin vers davantage de consommation inté́rieure et d’innovation. Ce ralentissement pè̀sera fortement à̀ la baisse sur le cours des matiè̀res premières puisque la Chine repré́sente environ 50% de la production mondiale. Mais les nouveaux pays é́mergents prennent le relais, notamment le Vietnam qui a enregistré́ une croissance de 6,7% en 2015.

- Quatrièmement, la remontée des taux directeurs de la réserve fédérale américaine, la FED, va entrainer un retour des capitaux aux Etats-Unis et pousser le dollar à̀ la hausse. Il est cependant probable que la FED n’ira pas beaucoup plus avant dans la remonté́e des taux, en raison d’incertitudes sur la solidité́ de la croissance amé́ricaine, mais é́galement pour ne pas interfé́rer dans l’é́lection pré́sidentielle. En effet, un challenger ré́publicain (Ted Cruz peut-être…) pourrait succé́der aux deux mandats dé́mocrates de Barack Obama. Une alternance à la Maison-Blanche pourrait ouvrir une nouvelle relation entre les Etats-Unis et l’Europe en 2017, au moment où les élections pré́sidentielles françaises et lé́gislatives allemandes se tiendront dans les deux grandes puissances de la zone euro.

– Au Bré́sil, les Jeux Olympiques pourraient «sauver» la fin de la pré́sidence de Dilma Rousseff, et constituer un souffle d’air pour l’é́conomie brésilienne en ré́cession de -2,3% prévu en 2015.

– Par ailleurs, le ré́chauffement climatique et les tempé́ratures é́levé́es de l’automne 2015 pourraient entrainer une inflation sur les produits agricoles. La baisse des rendements agricoles en Asie et en Australie pourrait faire monter les prix en 2016.

– Enfin, les prix du pé́trole resteraient à 50 dollars le baril. Les spécialistes de l’OPEP pré́voient une remontée de 5 dollars en 2016 en raison d’une croissance de la demande mondiale et d’une augmentation de l’offre plus faible que pré́vue des pays non membres de l’OPEP. Cependant, le retour du pétrole iranien sur le marché́ mondial devrait modé́rer la remonté́e des prix. L’OPEP indique, dans son rapport de dé́cembre 2015, que près de 400 milliards de dollars d’investissements par an sont né́cessaires pour anticiper la demande mondiale jusqu’en 2050. Or, le directeur gé́né́ral de l’AIE (agence internationale de l’é́nergie), Fatih Birol, a indiqué́ que les investissements pé́troliers continueraient de diminuer en 2016. Une baisse pendant deux anné́es consé́cutives, pour la première fois depuis les années 1980, constituerait une très mauvaise nouvelle pour le secteur pétrolier.

Comme l’écrivait Chateaubriand dans Les Mémoires d’Outre-tombe, «le résultat, en politique, est souvent le contraire de la prévision». Cette maxime, qui pourrait aussi s’appliquer à l’économie, doit nous inciter à être optimiste pour l’année qui s’ouvre sur les questions économiques, financières, monétaires et agricoles.

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