Qui sera le futur président de la Commission de l’Union africaine ?

Qui sera le futur président de la Commission de l’Union africaine ?

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Au crépuscule, les habitants d’Addis-Abeba, observent médusés les jeux de lumière sur la tour qui domine le nouveau complexe de l’Union africaine. Le drapeau chinois et l’emblème de l’Union africaine claquent au vent. Symbole de l’amitié sino-africaine ce bâtiment aurait coûté aux Chinois 250 millions de dollars.

Le nouveau siège de l’Union africaine, a été construit à proximité de l’ancien, sur le site d’une ancienne prison où ont croupi pendant des années les prisonniers politiques de l’ancien dictateur Mengistu Hailé Mariam, aujourd’hui réfugié au Zimbabwe. Dans l’immense salle de conférence, se joue depuis trois jours, un mélodrame qui occupe les esprits, et qui a éclipsé tous les autres questions à l’ordre du jour. Qui sera le futur président de la Commission de l’Union africaine ?

Duel Jean Ping / Dlamini Zuma

Le sortant Jean Ping, qui bénéficie du soutien de l’Afrique centrale et la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest). L’actuelle ministre sud-africaine de l’Intérieur, Madame Dlamini Zuma, soutenue par son ex-époux le président Jacob Zuma et les pays de la SADC.

La bataille est rude et les partisans des deux candidats tentent de convaincre les indécis, ceux qui feront la différence, à savoir les pays du Maghreb et de l’Afrique de l’Est. Selon un diplomate qui milite pour la réélection de Jean Ping, la désignation du président de la Commission obéit à une règle non écrite qui a toujours été respectée : un grand pays ne peut pas présenter sa candidature à un poste d’une telle importance. « Imaginez un Américain candidat au poste de secrétaire général des Nations unies ! C’est impensable », affirme cette source.

Dans l’autre camp, on balaie d’un revers de main cette théorie qui handicape les puissances régionales. Les partisans de Madame Dlamini Zuma soulignent que l’Afrique du Sud est une puissance émergente, membre des BRICS, (coalition informelle de pays émergents, le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud), et qu’à ce titre c’est un état respecté sur la scène internationale. « L’Union africaine a tout à gagner et Madame Zuma a démontré des capacités de diplomate », souligne, sous couvert d’anonymat, un ministre d’Afrique australe.

Vers un scrutin à plusieurs tours

L’équation est simple : le futur président de la Commission de l’Union africaine doit être élu à la majorité des deux tiers, lors d’un vote à bulletin secret. Selon plusieurs ministres, aucun des deux candidats ne devraient atteindre cette majorité des deux tiers à l’issue du premier tour. On s’acheminerait alors vers l’organisation de plusieurs tours jusqu’à l’obtention de cette fameuse majorité des deux tiers…

Pour de nombreux observateurs et participants, ce serait le scénario catastrophe, car l’Afrique afficherait publiquement ses divisions. Les partisans de Jean Ping militent activement pour un retrait de Madame Zuma, une hypothèse que les Sud-Africains excluent catégoriquement pour l’instant. « Zuma est intransigeant sur cette question », regrette un ministre d’Afrique centrale, qui redoute un blocage total avec une impossible majorité pour désigner le futur président de la Commission.

Mais au-delà de la rivalité entre deux candidats, ce bras de fer illustre la farouche bataille que se livre les deux puissances économiques du sud du Sahara pour représenter le continent, avec en toile de fond la future réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et la perspective d’un ou deux sièges de membre permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité.

Boni Yayi sera investi président en exercice de l’UA pour un an

Le Nigeria et son président Goodluck Jonathan militent activement pour la réélection de Jean Ping. Selon plusieurs ministres, Abuja a tenté, en vain de prendre le contrôle de la présidence tournante de l’organisation, actuellement occupée par la Guinée équatoriale. Cette tentative a échoué samedi soir, notamment grâce au Ghana qui a été l’artisan de l’échec nigérian.

Dans un premier temps le président ghanéen Atta Mills a réuni autour de lui ses homologues nigérian et béninois. Selon une source diplomatique le président Atta Mills aurait fait comprendre à Goodluck Jonathan qu’il ne pouvait pas se présenter à la dernière minute et sans en informer ses pairs. Un peu plus tard, dans une salle exigüe, les chefs d’Etat de la Cédéao se sont retrouvés dans une atmosphère tendue. Au bout de quelques minutes les présidents ivoirien, burkinabè, ghanéen et béninois sont sortis de cette salle pour s’isoler dans une autre pièce. C’est là que le choix définitif du Bénin s’est joué. Au bout de quelques minutes le président Boni Yayi est sorti, sourire aux lèvres. Il sera investi, dimanche par ses pairs, président en exercice de l’UA pour un an.

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