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Depuis quelques temps, on assiste à une guerre ouverte menée contre la profession de notariat dans notre pays.

Autrefois perçue, à juste titre d’ailleurs, comme profession prestigieuse, elle est aujourd’hui traînée dans la boue en raison de certaines malversations, mais surtout en raison d’une vision volontairement réductrice entretenue à mauvais escient au profit de parties intéressées qui se voient concurrentes. On assiste d’ailleurs, dans le cadre de cette guerre qui ne veut pas dire son nom, à un balisage de terrain, à coup de projets de lois, pour ériger notamment les agents d’affaires (appellation édulcorée des écrivains publics) et les adouls en notaires de fait.
Entretemps, on tente d’affaiblir la position des notaires en portant atteinte à leur notoriété par la surexploitation médiatique de quelques affaires de malversations qui demeurent pourtant isolées par rapport à la masse gigantesque des affaires traitées chaque jour. Par ce procédé pour le moins populiste, frivole et inconscient, l’on tente de jeter le discrédit sur une profession incontournable pour la régulation des transactions et pour la modernisation du pays.

Or, de la même manière qu’il peut y avoir des médecins irresponsables, des avocats voraces, des juges cupides, des policiers verreux, des fonctionnaires corrompus, des architectes incompétents et j’en passe, il peut y avoir des notaires étourdis ou sans scrupule. Ce n’est pas pour autant que l’on doit diaboliser ou bannir ces professions où exercent des gens honnêtes -c’est-à-dire la majorité écrasante- indispensables à la bonne marche des affaires du pays et de la société.

L’acharnement populiste et intéressé dont est aujourd’hui victime la profession notariale dans notre pays fait sérieusement craindre pour la crédibilité du pays et de tout son dispositif juridico-légal. Les politiciens doivent se ressaisir et évaluer à leur juste valeur les dégâts que risque d’avoir pour le pays leur complicité, même passive, avec les ennemis du progrès et de la modernité.

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