Rachid Khadiri, le jeune marocain qui continue d’éblouir l’Italie

Rachid Khadiri, le jeune marocain qui continue d’éblouir l’Italie

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Sur le point de décrocher son diplôme de spécialisation, Rachid Khadiri fait à nouveau parler de lui dans la presse italienne. Ce jeune marocain, naturalisé après avoir financé son doctorat en ingénierie en vendant des briquets, est remis au-devant de la scène médiatique par Corriere della Sera qui publie 5 « success stories » de l’immigration. Retour sur le parcours de ce jeune marocain qui a bousculé le discours de l’extrême droite.

C’est un Rachid Khadiri grandi que le site d’information du Corriere della Sera a rencontré cette semaine. On se souvient de ce jeune marocain qui avait suscité l’admiration en Italie en octobre 2013. Et pour cause, arrivé irrégulièrement en Italie en 1998, il obtenait à 26 ans son doctorat en ingénierie à l’Université Polytechnique de Turin. Des études qu’il avait financées en vendant des briquets et des journaux dans la rue.

Une « seconde mère » lui a montré la voie

Sa bravoure avait été saluée depuis les sommets de l’Etat et il avait particulièrement rencontré plusieurs personnalités du pays dont Cécile Kyenge, alors ministre de l’Intégration. Deux mois plus tard, le jeune marocain obtenait la nationalité italienne.

Il y a trois ans, Rachid donnait une partie du mérite de ce qu’il est devenu à ses quatre frères ainés. Alors qu’il les avait rejoints en Italie et entendaient comme eux travailler dur pour aider la famille restée au pays, ses frères n’ont cessé de l’encourager à poursuivre ses études. Dans son entretien avec le Corriere della Sera, il a tenu remercier une fois de plus tous ceux qui ont contribué à sa réussite. « Je dois beaucoup à de nombreuses personnes », dit-il. « En particulier les femmes, poursuit-il. La principale, c’est Chie Wada, une dame japonaise mariée à un Italien -notre voisin- qui était pour moi une seconde mère. C’est elle qui, alors que j’avais 12 ans et je faisais l’école buissonnière, me prenait par les oreilles et me forçait à étudier ».

Quand Rachid dit « non » à la téléréalité

Aujourd’hui âgé de 29 ans, Rachid termine cette année sa deuxième année de spécialisation. Et s’il y a des migrants qui ont fait l’unanimité en Italie, le jeune marocain en fait bien partie. Son histoire a même poussé l’extrême droite à changer son discours. « Rachid est un exemple de bonne volonté, d’engagement », déclarait à l’époque Fabrizio Ricca, le leader de la Ligue du Nord. Il disait également que « la Ligue n’est pas contre l’immigration, mais pour une immigration qui permet aux personnes honnêtes et battantes de trouver leur place ». Pourtant, le parti est connu pour ses positions anti-immigration.

A la télévision, l’histoire de Rachid intéresse et il reçoit en 2014 la proposition de participer à la version italienne de Big Brothers, une émission de télé-réalité où les candidats, vivant ensemble dans une maison, sont en compétition pour gagner une somme d’argent importante. Mais le jeune marocain décline. « Tous mes amis m’ont dit que je suis fou », dit-il à un média local. « Le truc avec ce genre de programme… dans le monde divertissement, c’est qu’on peut gagner tout d’un coup ce qu’on pourrait gagner en un an ou même qu’on ne gagnerait jamais dans une carrière d’ingénieur. Mais pour être honnête, je ne me vois pas dans ce genre de programme », explique-t-il.

Actuellement, le jeune homme se concentre sur ses études pour terminer en beauté sa spécialisation au bout de laquelle il présentera sa thèse sur le graphène.

Source : Yabiladi.com

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