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Mustapha Ramid, membre influent du Pjd qui a tourné casaque pour s’allier à El Othmani contre Benkirane, son ancien protecteur, s’était vu confier le département de la justice et des libertés par ce dernier, qui le regrettera plus tard, pour la simple raison qu’il est avocat de profession. Ce statut ne lui servira pas outre mesure, puisqu’il laissera derrière lui de nombreux chantiers ouverts de la réforme de la justice, se contentant de bonnes intentions. Devenu ministre d’état chargé des droits de l’homme dans l’actuel gouvernement pour services rendus contre Benkirane, il ré-éditera la même absence de volonté à changer le cours des choses et donner une image moderne du pays, en se cachant derrière l’islam.
C’est ce qu’il vient de prouver dans sa piètre prestation devant la commission des droits de l’homme à Genève où il s’est servi du même paravent religieux et de la constitution du pays, qui peut être interprétée et expliquée avec intelligence qu’il est impossible de décréter la dépénalisation de l’homosexualité et accorder l’égalité aux femmes devant l’héritage, comme si la loi fondamentale était figée et comme si le pays ne pouvait évoluer.
Mustapha Ramid, qui se faisait un devoir de se présenter comme défenseur des droits de l’homme avant de devenir ministre, a donné l’image, pour sa première sortie à l’étranger, d’un homme passéiste, droit dans ses babouches et liberticide, opposé à l’abolition de la peine de mort et se refusant à tout compromis. Des compromis qu’il avait pourtant pour habitude de trouver quand il était en charge de la justice, avec des visiteurs qui lui étaient recommandés. Mais là, c’est une autre affaire!
Par Jalil Nouri

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