Réactions en Chine à la victoire de la droite au Japon

Réactions en Chine à la victoire de la droite au Japon

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Les Chinois s’attendaient à cette victoire des conservateurs au Japon et ils s’attendaient également à ce que Tokyo durcisse le ton. Le sondage publié ce lundi matin 17 décembre par le South China Morning Post à Hong Kong est sur ce point tout à fait éclairant. « Est-ce que les relations Chine/Japon vont se détériorer avec la victoire du LPD ? ». Réponse «oui» à plus de 78 % !

Les commentaires des internautes chinois trahissent également cette inquiétude. « Un chien est parti, un loup est revenu », affirme un certain Raozizhilan sur son compte weibo. « Heureusement, l’armée du peuple est prête à intervenir », croit savoir un autre, nommé Aizhiyuanwei.

Des propos alarmistes qui font écho aux craintes de Leon Panetta en septembre dernier. Le secrétaire américain à la Défense, de passage à Tokyo, avait averti que les conflits territoriaux et notamment entre la Chine et le Japon pourraient déclencher une guerre si les gouvernements concernés continuaient leurs « provocations ».

La phrase de Shinzo Abe dimanche soir à la télévision privée NTV en est une, estiment certains commentateurs. Fort du triomphe du partir conservateur (PLD) aux législatives, ce dernier a averti que les îles Senkaku (Diaoyu pour les Chinois) appartenaient au Japon : « La Chine conteste le fait que (ces îles) sont une partie inhérente du territoire japonais. Notre objectif est de mettre fin à cette revendication ». De quoi réveiller l’envie de manifester chez les nationalistes en Chine. Mais pour l’instant, les autorités chinoises semblent vouloir calmer le jeu.

Une position attentiste déclinée dans la presse officielle ce lundi. Les spécialistes cités par le Quotidien du Peuple estiment ainsi que de toute façon les relations sino-japonaises ne peuvent pas tomber plus bas qu’aujourd’hui et que « Shinzo Abe fera mieux que le Parti démocrate ».

La position affichée par le futur Premier ministre est uniquement destinée à remercier ses électeurs, affirme le Huanqiu Shiabo dans un pays où « le nationalisme est devenu l’ami des politiciens de tous bords ».

Jiang Feng, le rédacteur en chef du journal chinois Xinhuanqiaobao basé à Tokyo, appelle pour sa part à « ne pas se laisser entraîner par les émotions aveugles » et rappelle que quatre traités importants ont été signés entre les deux pays lorsque les conservateurs étaient au pouvoir.

L’écrivain Zhu Shiwei rappelle enfin que lors de son premier mandat, Shinzo Abe avait commencé ses visites à l’étranger par la Chine, « ce qui a été très apprécié par les médias chinois ». Cela ne devrait pas être le cas cette fois-ci, le probable futur Premier ministre japonais ayant fait savoir qu’il commencerait par se rendre à Washington.

rfi.fr/ actu-maroc.com

 

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