Règle d’or et tensions grecques au menu du sommet européen

Règle d’or et tensions grecques au menu du sommet européen

249
0
PARTAGER

Le pacte budgétaire proposé en décembre par les Allemands doit être finalisé aujourd’hui. Ce pacte est considéré comme un pas décisif pour sortir la zone de la crise de la dette. L’introduction d’une règle d’or en est l’élément clé. Les signataires s’engageront à ne pas dépasser 0,5% du PIB de déficit public, sinon ils s’exposeront à des sanctions (à titre de comparaison, le déficit de la France est aujourd’hui à environ 5% du PIB).

Ce nouveau traité sera adopté lors du prochain sommet, début mars, afin qu’il soit ensuite ratifié au plus vite par les Etats. Il suffit que 12 pays sur les 17 que compte la zone euro le votent pour qu’il soit opérationnel. Ce sera alors la première fois que l’Europe mettra en oeuvre une réforme d’envergure sans attendre un accord unanime.

La discipline budgétaire prônée par ce traité est une idée de l’Allemagne. Berlin en a fait une condition impérative pour continuer à jouer le jeu de la solidarité avec les maillons faibles de la zone euro.

Une règle d’or déflationniste ?

Si le leadership de l’Allemagne sur la zone euro est désormais consacré par ce texte, il n’en n’est pas moins contesté par des acteurs de la crise. L’excès de rigueur pourrait tuer la croissance dans l’œuf. C’est la thèse de Georges Soros. Pour le milliardaire américain la rigueur fait chuter la demande, ce n’est pas l’inflation mais l’inverse qui menace : « Je pense que vous allez expérimenter la déflation (dans la zone euro). Vous l’expérimentez déjà en fait car les pays n’arrivent pas à réaliser les objectifs qui leur ont été fixés. A cause des pressions déflationnistes. Le FMI fait remarquer par exemple que, dans le cas de l’Espagne, s’ils prennent des mesures supplémentaires (d’économies budgétaires) ils vont s’éloigner un peu plus de leurs objectifs. La preuve est en train d’émerger. Combien de temps faudra-t-il pour qu’on reconnaisse que cette politique est un processus auto destructeur ? ».

En décidant de mettre aujourd’hui l’accent sur l’emploi et la croissance, les gouvernants reconnaissent implicitement le potentiel de risque que comporte la rigueur.

Il ne devrait toutefois pas y avoir d’annonces concrètes sur l’emploi ou la croissance. Cet ordre du jour relève plutôt de l’affichage politique, explique un diplomate. Les gouvernants veulent démontrer que la crise est maintenant maîtrisée et qu’il est temps de passer aux choses sérieuses.

L’emploi et la croissance, des objectifs encore à concrétiser

Mais l’Europe a du mal à parler d’une même voix sur les solutions à mettre en place pour dynamiser l’activité et in fine l’emploi. Les Britanniques prônent plus de libéralisme, les Français plus d’harmonie fiscale, les Allemands plus de discipline.

Un autre sujet plus urgent pourrait bouleverser l’agenda fixé : celui de l’état des finances grecques, toujours aussi préoccupant. La Grèce n’a pas encore trouvé d’accord avec ses créanciers pour effacer une partie de sa dette et ses partenaires européens s’interrogent de plus en plus sur les atermoiements du gouvernement de Lucas Papademos.

Berlin fait maintenant planer une nouvelle menace sur Athènes en proposant que ses finances soient directement contrôlées par la commission, ce que les grecs ont immédiatement rejeté au cours du week-end. Ce nouvel ordre donné par les Allemands illustre l’agacement croissant que suscitent les tergiversations grecques, un agacement perceptible également chez les patrons. Maurice Lévy, le PDG de Publicis, ne voit pas les efforts entrepris par les Grecs pour assainir leurs finances, et il comprend que les gouvernements européens s’impatientent. « Ce serait dommage que la Grèce sorte (de la zone euro, ose-t-il, mais je ne crois pas que ça mettrait en péril la construction européenne ».

La sortie de la Grèce de la zone euro est donc un scénario qui commence à cheminer dans les esprits. Que les pays dits périphériques, la Grèce, le Portugal, l’Irlande sortent de l’Union monétaire est inéluctable, selon l’économiste américain Kenneth Rogoff.

Plus de drame en Europe

L’ancien chef économiste du FMI estime qu’une union monétaire avec autant de disparités n’est pas viable. Mais les Européens sont encore loin d’envisager une telle extrémité, c’est pourquoi Kenneth Rogoff ne s’attend pas à grand chose de neuf aujourd’hui. « Il est clair que l’Europe n’est pas prête, et c’est pourquoi mon pronostic est que ça ira encore plus mal avant que les choses ne s’améliorent. Je suis fermement convaincu qu’on va voir des changements à un niveau que personne n’imagine encore. Vers beaucoup, beaucoup plus d’intégration.( …) Je pense qu’il faudra plus de drame pour que ça se produise, ça peut très bien ne pas avoir lieu cette année. Car comme je l’ai dit la Banque centrale européenne a ouvert ses coffres ».

La Banque centrale européenne a effectivement décidé d’injecter environ 500 milliards d’euros dans l’économie jusqu’en 2013. Une décision forte qui a calmé les marchés. Depuis décembre, ils sont mieux disposés à l’égard de la zone euro, mais cette accalmie n’est pas suffisante pour balayer la menace de contamination qui pèsera sur l’eurozone tant que le risque grec de défaut ne sera pas endigué.

rfi.fr_______________

 

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires