« Reporters sans frontières », RSF dénonce l’expulsion des deux journalistes français du Maroc

« Reporters sans frontières », RSF dénonce l’expulsion des deux journalistes français du Maroc

449
0
PARTAGER
Reporters sans Frontières a dénoncé lundi une « censure odieuse » après l’expulsion du Maroc de deux journalistes français arrêtés dimanche à Rabat alors qu’ils réalisaient un documentaire pour France 3

« L’objectif des autorités marocaines est clairement affiché : empêcher la réalisation du documentaire en question et saisir des informations sur leurs sources », a réagi dans un communiqué Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières (RSF).

« Le Maroc ne peut exercer de censure sur des journalistes français qui avaient sollicité une autorisation de tournage sans obtenir de réponse. Nous demandons la restitution immédiate de leur matériel de tournage », a-t-il ajouté.

Jean-Louis Perez et Pierre Chautard, deux journalistes de la société de production Premières Lignes qui réalisaient un documentaire pour la chaîne de télévision France 3 sur l’économie au Maroc, ont été arrêtés dimanche soir à Rabat dans les locaux de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), où ils effectuaient une interview.

« Ce matin, ils ont été mis dans un avion pour Paris. On leur a rendu leur passeport à la dernière minute. En revanche, les autorités marocaines ont gardé tout leur matériel : leurs caméras, leurs ordinateurs et leurs téléphones portables également », a déclaré à l’AFP Benoît Bringer, rédacteur en chef de Premières Lignes.

« Il n’y a pas eu de refus écrit mais oraux »

« Ce qui a été mis en avant, c’est l’absence d’autorisation », a souligné Benoît Bringer alors que « des demandes d’autorisation ont été faites bien en amont de leur voyage. Il n’y a pas eu de refus écrit mais oraux ».

Contacté par ses soins, le ministère français des Affaires étrangères, a été, selon lui, « assez expéditif ».

Le porte-parole « m’a dit qu’ils ne feraient rien. Que la période était au +rapprochement et au réchauffement politique+. Que les relations policières et judiciaires venaient de reprendre et qu’ils étaient donc tournés vers l’avenir+ », a affirmé Benoît Bringer.

L’expulsion des deux journalistes survient quelques jours après une visite au Maroc du ministre français de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, après une année de brouille diplomatique entre les deux pays et la suspension de la coopération judiciaire, qui n’a été rétablie que fin janvier, à la faveur d’un accord entre les deux gouvernements.

Le 23 janvier, les autorités étaient intervenues à Rabat pour empêcher le tournage d’une émission de la chaîne arabophone de France 24, évoquant l’absence d’autorisation.

Commentaires