RESIDENTS MAROCAINS A L’ETRANGER: LES OUBLIES DES REFORMES.

RESIDENTS MAROCAINS A L’ETRANGER: LES OUBLIES DES REFORMES.

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Pourtant elle dispose d’un conseil qui aurait pu justifier son utilité en recueillant leurs idées avant de les transmettre à la commission et se charger d’en discuter avec elle. Rien de tout cela et le CCME, le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger a fait profil bas et s’est fait porter absent dans ce débat qui secoue toute la société marocaine. Avec plus de 4 millions de membres, cette communauté qui représente un peu près de 10% de la population marocaine a pourtant son mot à dire, elle, qui continue à se poser de nombreuses questions au sujet de sa représentation et de ses droits. Certes, leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels sont déjà garantis dans la constitution actuelle, mais c’est au stade de l’application de ces droits que de nombreux obstacles subsistent. Les MRE plaident toujours pour la constitutionnalisation de leur représentation au sein des deux chambres. Forts de l’article 8 de la constitution qui accorde le droit de vote à tout marocain jouissant de ses droits civils et politiques, ils n’ont eu cesse de revenir à la charge, encouragés en cela par le discours royal du 6 novembre 2006 au cours duquel , il avait été annoncé la création de circonscriptions législatives électorales à l’étranger avec des garanties d’éligibilité des candidats RME aux élections. A ce jour, cela n’existe que sur le papier et pour voter, il faut s’inscrire sur des listes électorales marocaines mais également faire le déplacement jusqu’au Maroc pour accomplir son devoir électoral. Pour rappel, dans les années 80, les MRE avaient participé aux élections législatives et certains d’entre eux avaient même pu décrocher des sièges au parlement.

Plus récemment et pour prouver leur intérêt pour ce qui se passe dans leur pays, des milliers de jeunes RME avaient emboité le pas aux manifestations du 20 Février et à d’autres en mars, pour manifester  dans plusieurs capitales européennes ainsi qu’au Canada. De ce fait, ils ont pu prouver leur attachement au pays en exprimant leurs propres revendications qui convergent toutes vers leur implication dans la vie politique nationale. Ces revendications n’ont pas été apparemment entendues et le fossé continue d’exister.

Dès lors, il n’est pas étonnant de noter quelques mouvements de crispation et de rejet de la part de certaines organisations de MRE qui prônent directement le boycott de leurs pays. Certains encourageant à ne plus s’y rendre pendant les vacances et d’autres à geler les transferts d’argent pour bien exprimer cette colère. Un geste fort en direction de cette communauté pourrait remettre les choses à leur juste place. L’occasion de la révision de la constitution est pourtant unique pour remédier à la situation. D’autant que la commission qui en est chargée compte parmi ses membres, Driss El Yazami, qui n’est autre que le président du Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger. Y figure-t-il à ce titre pour être la voix des MRE. Rien ne l’indique clairement pour l’instant. Il est en tout cas à espérer que cette commission de révision de la constitution réparera cet éventuel oubli.

 

 

Jalil Nouri pour www.actu-maroc.com _________________

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