Retour sur les manifestations de dimanche dernier: Un « mouvement du...

Retour sur les manifestations de dimanche dernier: Un « mouvement du 20 février » sans dirigeants ni agenda idéologique ou politique précis !

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Le Maroc ne pouvait pas échapper à la contagion de la fièvre qui touche le monde arabe car nous sommes un pays vivant et dynamique, et un peuple constamment à l’écoute du monde.

 

Il faut rappeler que cela fait environ une décennie que notre pays est en pleine effervescence. Abderrahmane Youssoufi appelait cela un perpétuel Mai 68 – et ce ne sont que les révolutions de Jasmin et celle d’Egypte qui ont donné au « mouvement du 20 février » un goût particulier qui a contribué à chauffer certains esprits…

Mais ce mouvement est sans dirigeants ni agenda idéologique ou politique précis !

Une lecture des protestations de dimanche dernier impose  cependant une analyse lucide de la liste des revendications exprimées.

Et là, un problème se pose car il n’y a pas une revendication unanime, mais plusieurs et diverses qui s’expriment conjointement dans un torrent revendicatif.

Il y a la frange qui réclame plus de modernité – comme ceux qui aimeraient librement ne pas faire le Ramadan – mais entre nous est-ce bien cela la liberté !?

Il y a la frange qui revendique un Islam rétrograde, celle qui aspire à une réforme de la constitution avec davantage de pouvoirs pour la primature et le Parlement, et celles qui réclament plus d’émancipation, voire d’autonomie pour le Rif  et le Souss…

Toutes ces revendications ont au moins un point en commun : c’est qu’elles aspirent  à être reconnues et garanties et c’est sur ce point qu’un chantier et un débat doivent être entamés…

Je pourrais, à la limite me tromper, mais il n’y a que l’exercice démocratique qui permet de s’exprimer librement dans un cadre légal où la constitution garantit à tous le droit que les aspirations ne seront pas méprisées, dans une pluralité qui assure la participation de la diversité des opinions.

Pour le reste, le système ne peut avoir pour raison d’être que l’amélioration qualitative de la pratique démocratique, à condition que les citoyens aient le sentiment quotidien de cette évolution à travers la modernisation tous azimuts de la société.

La démocratie est un système perfectible à souhait, alors soit on avance soit on fait du sur-place, c’est-à-dire qu’on recule !

Pour le reste, l’effervescence culturelle que connaître notre pays, doit être accompagnée par les sociologues, les intellectuels, les hommes politiques et les philosophes à travers un discours qui puisse parler à tous tout en s’adressant à chacun.

Après avoir tant dénoncé la passivité de la société civilité, ainsi que l’affaiblissement des partis politiques en vue de les discréditer (PAM alors !) on ne va pas cracher sur ce regain d’activisme…, surtout que ces revendications ne sont pas nouvelles… puisque cela fait plus de 30 ans qu’on en parle !

La nature a horreur du vide, maintenant il s’agit pour notre pays de se débarrasser de la pensée unique sclérosée et figée en offrant  aux citoyens des alternatives politiques, économiques, sociales, culturelles et citoyennes.

En un mot, de nouvelles perspectives de changement car c’est ce qu’attend le peuple.

Par Hafid FASSI FIHRI Pour ACTU-MAROC.COM_____________________

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