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Réunion du groupe de contact sur la Lybie : Le CNT reconnu comme «autorité gouvernementale légitime»

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La réunion d’Istanbul comprend tous les pays participant à la campagne de l’OTAN contre le régime de Mouammar El Gueddafi. La Chine et la Russie, invitées, ont décliné l’invitation. Une quinzaine de ministres des Affaires étrangères sont présents à cette réunion d’une journée, ainsi que le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, et la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

De l’aide financière aux rebelles

Cette décision de reconnaître l’organe des rebelles comme «autorité gouvernementale légitime» a déclaré un peu plus tôt le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, «veut dire que nous allons pouvoir dégeler un certain nombre d’avoirs appartenant à l’Etat libyen puisque c’est le CNT qui exerce désormais cette responsabilité».
Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté en février des sanctions économiques contre le régime de Tripoli, incluant le gel des avoirs de la famille et des personnalités proches du colonel Mouammar El Gueddafi. Le CNT réclame la rétrocession de ces avoirs à la rébellion.     
La Turquie, pays hôte de cette réunion d’une journée, la quatrième du groupe de contact, a appelé à accroître l’aide financière aux rebelles. «Je voudrais encourager tous nos partenaires du groupe de contact à envisager d’ouvrir des lignes de crédit au CNT, correspondant à un certain pourcentage des avoirs libyens gelés dans leurs pays», a déclaré le chef de la   diplomatie turque Ahmet Davutoglu. Il a relevé aussi que la Turquie soutient une proposition  de la rébellion de distribuer à Tripoli et Benghazi pour des besoins strictement humanitaires trois milliards de dollars provenant des avoirs gelés du régime libyen, sous supervision de l’ONU.  De son côté, le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a indiqué que Rome a débloqué en faveur de la rébellion une première tranche de 100 millions d’euros sous forme   de crédits garantis par les avoirs gelés de Tripoli en Italie et que 300 millions d’euros supplémentaires seraient débloqués d’ici deux semaines.

Dans sa déclaration finale, le groupe de contact a demandé que les rebelles travaillent sans délai à établir un gouvernement de transition. Il a réclamé de nouveau le départ du pouvoir du colonel Mouammar El Gueddafi. «El Gueddafi doit quitter le pouvoir selon des étapes définies qui seront annoncées publiquement», ont observé les alliés en Libye. Franco Frattini a, par ailleurs, affirmé que les participants à la réunion d’Istanbul ont désigné l’émissaire spécial de l’ONU pour la Libye, Abdel Ilah Al Khatib, comme «le seul interlocuteur» parlant au nom de la communauté internationale sur la question libyenne. «Toutes les tentatives pour avoir des médiations secrètes, confidentielles, avec certains pays, car il y a eu des contacts, se sont avérées très contre-productives», a commenté le ministre, sans citer un pays en particulier. L’émissaire de l’ONU «est habilité à présenter un paquet politique incluant un cessez-le-feu et à négocier avec Benghazi (la «capitale» des rebelles) et Tripoli», a dit le même responsable.   
Pour la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, la reconnaissance du CNT par le groupe de contact sur la Libye est le résultat des assurances fournies par les rebelles. «Le CNT a offert des assurances importantes aujourd’hui, notamment la promesse de poursuivre des réformes démocratiques ouvertes, tant géographiquement que politiquement», a déclaré Mme Hillary Clinton. «Les Etats-Unis sont impressionnés devant les progrès accomplis par le CNT   (…) Ce qui renforce notre confiance dans le fait qu’il est le bon interlocuteur», a-t-elle ajouté. Après la France, l’Italie et le Qatar en mars, une vingtaine de pays ont déjà reconnu le CNT sous diverses formes.

«Nous avons pris le temps d’évaluer la situation», a reconnu Mme Clinton. L’Administration Obama a toutefois franchi un premier pas le 9 juin, en   reconnaissant l’organe politique de la rébellion libyenne comme l’«interlocuteur légitime du peuple libyen». Comme pour d’autres pays, la décision annoncée par Mme Clinton va simplifier, sur un plan juridique, le recours aux 30 milliards de dollars du régime de Mouammar El Gueddafi gelés aux Etats-Unis afin d’aider les rebelles.Par ailleurs, le régime de Tripoli a démenti, hier, des déclarations d’un émissaire russe selon lesquelles le régime de Mouammar El Gueddafi avait un plan «suicidaire» consistant à faire sauter la capitale Tripoli en cas d’attaque des rebelles. «Ces déclarations attribuées au Premier ministre libyen (Baghdadi Mahmoudi) sont un tissu de mensonges et n’ont absolument rien à voir avec la réalité», a déclaré le ministère des Affaires étrangères cité par l’agence officielle Jana, en ajoutant avoir demandé des «éclaircissements» à Moscou. Selon lui, «ces propos ne servent pas les relations bilatérales et ne contribuent pas à faire avancer les efforts pour une solution pacifique» au conflit en Libye.
Dans un entretien publié jeudi dernier par le quotidien russe Izvestia, le représentant du président russe pour l’Afrique, Mikhaïl Marguelov, a affirmé que Baghdadi Mahmoudi lui a dit que le régime a un plan suicidaire si les rebelles prennent Tripoli, bastion du régime. «Le Premier ministre libyen m’a dit à Tripoli : ‘Si les rebelles prennent la ville, nous la couvrirons de missiles et la ferons sauter’», a déclaré l’émissaire russe, qui s’est rendu à Tripoli le 16 juin. Michail Marguelov a rencontré à Tripoli des membres de la direction libyenne   mais pas le colonel El Gueddafi. Il s’est précédemment rendu à Benghazi, fief des rebelles dans l’Est, dans une tentative de médiation.

 

AFP_____________________

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