Royaume-Uni: première visite de la reine à Downing Street

Royaume-Uni: première visite de la reine à Downing Street

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Elisabeth II ne se rend pas souvent à la résidence du Premier ministre et encore moins pour une séance de travail. Autant dire que tous les occupants de Downing Street avaient été réquisitionnés pour que tout soit parfait. Le tapis rouge, dressé pour l’occasion devant la célèbre porte noire a ainsi été consciencieusement balayé chaque fois qu’un pied non royal l’a foulé jusqu’à l’arrivée de la souveraine dans sa traditionnelle Bentley.

On n’a plus entendu alors que le crépitement des flashes dans un profond silence plein de révérence. Une façon pour la presse habituellement plus chahuteuse face aux ministres de marquer son respect.

Vêtue d’une tenue bleu roi, Elisabeth a alors posé quelques secondes sur le perron aux côtés de David Cameron. Ils se sont ensuite engouffrés à l’intérieur pour rencontrer le reste du cabinet qui pour l’occasion s’était mis sur son 31. Là après quelques plaisanteries et dans une ambiance fébrile, la souveraine s’est assise un peu en retrait entre son Premier ministre et son chef de la diplomatie, et a écouté sagement le début de la réunion qui est en fait le dernier Conseil des ministres de l’année.

Une visite exceptionnelle car la reine a beau être le chef de l’Etat elle n’intervient pas dans la politique du royaume. Selon les historiens, la dernière fois qu’un monarque a présidé un Conseil des ministres en temps de paix remonte à George III en 1781. Le père de la reine, George VI, avait bien assisté à un Conseil, mais c’était dans des circonstances dramatiques durant la Seconde Guerre mondiale.

Elisabeth II, elle, ne s’y est jamais risquée et cette demi-heure en compagnie de son gouvernement était avant tout un geste symbolique fort voulu par la coalition pour marquer ses 60 ans de règne et remercier celle qui est sans doute le plus dévoué des « civil servants », les fonctionnaires du royaume.

Cette présence impromptue à la table des débats devrait d’ailleurs s’avérer la première et la dernière pour la souveraine âgée désormais de 86 ans, car elle n’est pas sans provoquer des grincements de dents de la part de certains experts de la monarchie. Ils n’apprécient pas ce manquement à la tradition qui veut que la reine règne mais ne gouverne pas et s’en tienne à un rôle purement formel que ce soit lors du Discours du trône au Parlement ou lors de sa rencontre avec le chef du gouvernement une fois par semaine.

Interrogé sur la BBC, Rodney Barker, professeur émérite de science politique à la London School of Economics n’a ainsi pas mâché ses mots : « Je pense que c’est idiot, cela rend la situation floue », a-t-il jugé. « Cela veut dire que potentiellement la reine pourra apprendre des choses qu’elle n’est pas censée entendre ». Mais d’autres ont été moins sévères, comme le professeur Jane Ridley, biographe d’Edouard VII pour qui cette invitation « récompense la capacité de la reine à maintenir la monarchie à l’écart de la politique partisane ».

Quoi qu’il en soit la reine a d’après son entourage, beaucoup apprécié sa visite, d’autant qu’elle était assortie de plusieurs cadeaux : le Foreign Office, le ministère des Affaires étrangères, a décidé de rebaptiser une grande partie du territoire britannique en Antarctique « Queen Elisabeth Land », Terre de la reine Elisabeth.

Enfin, la souveraine est repartie dans son palais avec 60 sets de table, un pour chaque année de son règne. Peut-être aussi une façon subtile pour le gouvernement de s’inviter à Buckingham Palace par exemple pour la galette des rois…

 

 

 

 

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