Russie: 35 morts dans un attentat suicide à l’aéroport Moscou-Domodedovo

Russie: 35 morts dans un attentat suicide à l’aéroport Moscou-Domodedovo

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La tête de l’auteur présumé de l’attentat a été retrouvée sur les lieux du drame, a indiqué une source policière citée par l’agence Interfax, précisant qu’il s’agissait d’un homme « de type arabe » âgé de 30-35 ans.

 

Les premières images diffusées par les télévisions russes montraient de nombreux corps étendus dans le hall de l’aéroport envahi par une épaisse fumée, alors que les témoins parlaient de scènes de carnage.
« Selon des données actualisées, il y a 35 morts et 46 blessés », a déclaré la porte-parole de Domodedovo, Elena Galanova, à l’antenne de la chaîne NTV. Un précédent bilan du ministère russe de la Santé faisait état de 31 morts et 130 blessés.

Le Comité d’enquête de Russie a indiqué avoir ouvert une enquête pour « acte de terrorisme » suite à l’explosion qui a eu lieu à 16h32 locale (13h32 GMT). Des sources policières ont précisé aux agences russes qu’il s’agissait d’une attaque suicide, mais cette information n’a pas été officiellement confirmée.
« Nous n’excluons pas qu’il puisse s’agir d’un kamikaze », a simplement indiqué Nicolaï Sintsov, du Comité antiterroriste russe, lors d’une conférence de presse à Domodedovo.

Mme Galanova a par ailleurs déclaré que « l’explosion a eu lieu dans la salle des arrivées (internationales), là où les familles attendent les voyageurs » au rez-de-chaussée de l’aéroport.

« L’aéroport fonctionne normalement », a-t-elle ajouté.

Domodedovo est le principal aéroport russe en termes de voyageurs, avec 18,6 millions de passagers en 2009 et un total estimé de 22,4 millions en 2010, selon le site de l’aéroport. Au total, 77 compagnies y travaillent dont British Airways et Lufthansa.

Le président russe Dmitri Medvedev a réagi moins de deux heures plus tard en ordonnant la mise en place d’un « régime de sécurité spécial » dans les gares et les aéroports à travers tout le pays.
M. Medvedev, qui a reporté à une date indéterminée son départ prévu mardi pour la Suisse pour assister au Forum économique mondial de Davos, a aussi estimé que les mesures de sécurité n’avaient pas été appliquées correctement.
« Ce qui s’est passé montre que les lois censées être mises en oeuvre sont loin de fonctionner correctement », a-t-il jugé.

Selon des sources policières, la bombe était d’une puissance équivalente à cinq ou sept kilogrammes de TNT. Des témoins parlant aux médias russes ont pour leur part indiqué avoir entendu deux explosions.
Trois personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’attentat sont actuellement recherchées, a indiqué une source policière à l’agence Interfax.

« J’ai entendu d’un coup entendu un grand claquement, comme si quelque chose tombait. Personne n’a rien compris à ce qui se passait », a raconté à l’AFP Elena, une hôtesse de l’air de la compagnie allemande Lufthansa, « tout le monde était en état de choc ».
« Quelque chose de terrible s’est produit ici. Des dizaines de personnes sont évacuées sur des brancards, des chariots », a déclaré à la radio russe City FM un témoin, Andreï, qui se trouvait sur place au moment du drame.
« Des personnes brûlées courent dans tous les sens », a-t-il ajouté.

Les réactions de l’étranger ne se sont pas fait attendre: le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, s’est dit « choqué », tandis que Paris et Berlin ont dénoncé un acte « barbare ».
Suite à cette attentat, la police de Moscou a renforcé les mesures de sécurité dans les transports publics de la capitale russe, en particulier dans le métro.

Deux stations du métro de Moscou ont été visées en mars 2010 par des attentats suicide qui ont fait quarante morts. Cette attaque a été revendiquée par la rébellion islamiste qui lutte contre les forces russes dans les républiques du Caucase du Nord (Tchétchénie, Ingouchie, Daguestan…)

Les autorités russes n’ont pour l’instant évoqué aucune piste, mais ce type d’attentats a toujours été revendiqué ces dernières années par les rebelles islamistes de cette région du Sud de la Russie.

Après la première guerre de Tchétchénie (1994-1996) entre forces russes et indépendantistes, la rébellion s’est progressivement islamisée et a de plus en plus débordé les frontières tchétchènes pour se transformer au milieu des années 2000 en un mouvement islamiste armé actif dans tout le Caucase du Nord.
Embuscades, attaques et attentats y ont lieu presque tous les jours.

AFP

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