Rwanda : nouvel accroc dans les relations diplomatiques entre Paris et Kigali

Rwanda : nouvel accroc dans les relations diplomatiques entre Paris et Kigali

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Il y a trois mois, l’actuel ambassadeur français au Rwanda, Laurent Contini, est tombé en disgrâce aux yeux du ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé après des propos jugés trop virulents à l’égard de la France dans la polémique concernant la responsabilité de Paris pendant le génocide de 1994. Ses propos ont fini par agacer.

Alain Juppé a alors obtenu, de la présidence française, une nouvelle nomination en la personne d’Hélène Le Gal, actuellement consul de France au Québec et spécialiste des affaires africaines.

L’hebdomadaire Jeune Afrique, citant une source proche du président Kagamé, a invoqué une possible proximité entre Hélène Le Gal et Alain Juppé dont les relations avec le pouvoir de Paul Kagamé sont notoirement mauvaises. Le curriculum vitae officiel de la diplomate ne donne aucune indication en ce sens… mais une source, haut placée, à Kigali, contactée par RFI, a souligné qu’il « n’indique pas non plus un souci particulier de soigner les relations entre Paris et Kigali ».

Quoi qu’il en soit, les deux pays veulent minimiser la portée de ce nouvel accroc. « Le Rwanda ne mène pas une diplomatie personnalisée », a commenté la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

La France, de son côté, a précisé qu’elle a rappelé son ambassadeur pour consultation afin « d’étudier la situation ». Selon des informations obtenues par RFI, Paris réfléchit à proposer un autre ambassadeur et souligne à quel point les relations entre les deux pays se sont améliorées ces deux dernières années

Depuis la circulation, au Rwanda, d’un rapport rwandais accusant la France de complicité avec les génocidaires, l’actuel ministre français des Affaires étrangères n’a jamais caché son rejet de ces accusations. Il a d’abord qualifié le rapport de « tissu de mensonges et d’inventions » et après sa prise de fonctions en mars 2011 au Quai d’Orsay, il a déclaré n’avoir aucune intention « ni de serrer la main » de Paul Kagame ni de se rendre au Rwanda, tant que ce rapport circulerait dans le pays.

Dans ce document controversé de 2008, réalisé par une commission d’enquête rwandaise, la France est accusée d’avoir « participé » au génocide sous couvert de l’opération militaro-humanitaire Turquoise, menée en juin 1994. Le rapport vise nommément Alain Juppé qui était alors ministre des Affaires étrangères sous de gouvernement d’Edouard Balladur, ainsi que plusieurs personnalités françaises, de droite comme de gauche.

Entretemps, un autre rapport, publié, cette fois-ci, à la suite d’une enquête judiciaire en France, a mis en cause le président Paul Kagame dans les évènements qui ont marqué le début du génocide. Ce rapport français a entraîné une rupture des relations diplomatiques entre 2006 et 2009

La visite à Kigali en février 2010 du président français Nicolas Sarkozy est venue renforcer les relations entre la France et le Rwanda et cette amélioration des relations bilatérales s’est confirmée par la suite avec notamment la visite officielle en France, en juillet 2011, de Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda et celle du président Paul Kagame, en septembre dernier, à Paris.

Lors de ces deux visites au plus haut niveau, Alain Juppé n’a toutefois pas reçu son homologue rwandaise – c’est le ministre à la Coopération, Henri de Raincourt qui s’en était chargé. Et pour ce qui est de la visite du chef d’Etat rwandais, Alain Juppé était absent de France avec un long voyage alors organisé à l’autre bout du monde, notamment en Nouvelle-Zélande et en Chine.

rfi.fr_______________

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