Saâdane, l’entraineur algérien: le match de trop !

Saâdane, l’entraineur algérien: le match de trop !

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Le départ de Rabah Saâdane intervient dans un contexte difficile marqué par la contre-performance (1-1) face à la Tanzanie qui fait suite au modeste parcours des Verts en Coupe du monde 2010 cet été. Les jours du désormais ex-sélectionneur étaient comptés depuis la sortie ratée contre la Slovénie (0-1) le 13 juin dernier à Polokwane. Sa reconduction, intervenue au lendemain du retour d’Afrique du Sud, était quelque peu fragilisée par ses choix et options (convoquer des joueurs en méforme ou qui ne jouent pas), les attaques et critiques qu’il essuyait quotidiennement, sans oublier le fossé qui se creusait de plus en plus avec l’environnement de sa hiérarchie. A partir de là, son départ était inéluctable. La contre-performance de vendredi l’a précipité. A croire certaines sources, l’avenir de Rabah Saâdane a été de nouveau évoqué lors d’une réunion du bureau fédéral où l’accent a été mis sur la nécessité, pour le coach, de gagner avec l’art et la manière la rencontre devant la Tanzanie. La sortie ratée (1-2) face au Gabon, le 11 août dernier, a accentué le malaise. Conspué par le public du stade du 5 Juillet, il a de nouveau pris conscience de l’ampleur de sa tâche. Le match nul (1-1) devant la Tanzanie ajouté à la mauvaise réaction du public au stade Mustapha Tchaker lui ont dicté la suite à prendre.Selon des observateurs présents dans la tribune officielle, le président et le sélectionneur national ont scellé la décision du retrait du technicien quelques instants seulement après la fin du match.

 

Dans la soirée, les deux hommes ont convenu de se revoir le lendemain pour opter en faveur de l’option qui protégerait au mieux les intérêts de l’équipe nationale. La (courte) nuit n’a pas modifié la (ferme) décision de Rabah Saâdane de rendre son tablier. Le président de la Fédération a accepté la démission de celui qui a déclaré après le match : «Si c’est moi le problème, je quitte l’équipe nationale.» Son départ provoquera-t-il le déclic psychologique qui remettra les Verts sur les rails après le départ raté dans les éliminatoires de la CAN 2012. Le temps le dira. A peine la page Saâdane fermée, la Fédération va se mettre en chasse pour trouver son successeur. Elle va livrer un match contre la montre pour recruter un nouveau coach en prévision de la prochaine sortie devant la Centrafrique en octobre prochain.

Quelle piste va privilégier la Fédération ? Celle d’un coach local ou étranger ? A priori, la première option semble la plus indiquée. Si cela devait être le cas, le sélectionneur de l’équipe olympique et des locaux, Abdelhak Benchikha, est le mieux placé pour assurer l’intérim dans un premier temps, voire même être intronisé jusqu’à la fin des éliminatoires. Il paraît bien difficile de trouver une grosse pointure étrangère disponible sur le marché.

Les bons entraîneurs sont déjà en poste. La période de recrutement est largement dépassée. Les cracks ne sont pas au chômage ou en attente d’une proposition en ce début du mois de septembre qui marque l’ouverture de la saison footballistique dans le monde. Dans les prochains jours, voire les heures à venir, la Fédération tranchera cette question qu’elle ne peut laisser en suspens par rapport aux importantes échéances qui attendent les Verts dans les semaines à venir.
Ainsi la page Rabah Saâdane se referme tristement à l’issue d’une rencontre mal négociée. Rabah Saâdane, l’homme, savait mieux que quiconque ce qui l’attendait s’il prolongeait sa présence à la tête de la sélection.

Lors de la conférence de presse qui a suivi le match face aux Etats-Unis (0-1) à Pretoria, le 23 juin dernier, il affichait la détermination d’un homme qui venait d’accomplir son ultime match à la tête des Verts. Dans sa tête, c’était bon. L’annonce de sa reconduction à la tête de l’équipe nationale, quelques jours après le retour à Alger, a surpris nombre d’observateurs. Lui a-t-on forcé la main pour garder les commandes ? Le résultat des courses accrédite fortement cette thèse, même si l’intéressé l’a toujours nié. Il a fait le match de trop comme on dit dans le jargon du ballon rond.

elwatan.com

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