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Sahara: Des eurodéputés déplorent la résolution hâtive et les accusations abusives du Parlement européen

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Durant le débat en plénière de l’assemblée européenne à Strasbourg, à la veille du vote de ce texte, plusieurs voix se sont élevées pour appeler à la raison et prendre le temps nécessaire en vue de compiler le maximum d’information avant de se prononcer sur les incidents violents du 8 novembre dernier à Laâyoune.

En réaction aux boutefeux espagnols appartenant au Parti Populaire (PP-droite) hargneux envers le Maroc, une dizaine d’eurodéputés ont bataillé pour exhorter le parlement européen à ne pas réagir hâtivement et sur la seule base des versions de propagande non étayées par des faits indiscutables.

Le parlementaire français, M. Dominique Baudis (groupe PPE), a résumé le sentiment de ses collègues en affirmant que « La réalité est très éloignée de ce que la propagande s’est efforcée de nous faire croire ».

MANQUE DE DISCERNEMENT ET ACCUSATION ABUSIVE

« Il faut donc que notre Parlement fasse preuve de mesure et de discernement plutôt que d’accuser abusivement les autorités marocaines en les rendant entièrement responsables de cette situation », a-t-il plaidé.

« Quand on regarde attentivement les images disponibles sur Internet, on mesure le degré de violence qui s’est exercé contre les forces de l’ordre marocaines. Les scènes que l’on voit aussi bien dans les camps Gdeim Izik que sur la route qui mène à Laâyoune font preuve d’une violence meurtrière à l’encontre des services de sécurité marocains. Même les véhicules de secours n’ont pas été épargnés », a-t-il rappelé.

De son côté, l’Italien Pier Antonio Panzeri, du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (S&D) et président de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb au Parlement européen, a estimé qu’il fallait « prendre du temps avant de rédiger la résolution afin de prendre en considération toutes les informations utiles pour permettre une prise de position parlementaire plus solide ».

Il fallait organiser des auditions, a-t-il relevé avant d’appeler l’Europe à maintenir le contact avec le Maroc afin que le débat « se poursuive et permette d’arriver à une solution ».

La Belge Frédérique Ries, du groupe Alliance des démocrates et des Libéraux pour l’Europe (ADLE) a regretté « le manque d’équilibre dans ce texte ». « J’aurais aimé, par exemple, que l’on évoque aussi le sort de Mustapha Salma, ce dissident du front polisario, kidnappé pour avoir osé appeler au dialogue ».

Elle a poursuivi cette dénonciation de la politique de deux poids deux mesures. « On parle des droits de l’Homme, c’est évident, mais pas pour tout le monde, et c’est regrettable. Il n’y a pas, dans ce conflit, que des coupables d’un côté et des innocents de l’autre », a-t-elle dénoncé.

L’ALGERIE, ACTEUR ESSENTIEL

Il y a des « responsabilités partagées dans la recherche maintenant d’une solution qui soit juste, réaliste et durable, de la part de tous les acteurs, et quand je dis tous les acteurs, je parle du Maroc, je parle du polisario mais aussi de l’Algérie, acteur essentiel » qui « n’est mentionnée, a-t-elle déploré, qu’au tout dernier mot de notre résolution ».

L’eurodéputé bulgare, Metin Kazak (ADLE) a été on ne peut plus clair vis-à-vis de cette injustice faite au Maroc. Cette résolution, a-t-il affirmé, « risque de faire plus de mal que de bien, parce que nous ne prenons pas en compte les efforts qu’a pu faire le Maroc en vue d’une solution durable ».

Il y a beaucoup d’organisations qui sont sur place et qui enquêtent sur ce qui s’est passé, a dit M. Kazak, soulignant que « la meilleure façon de procéder c’est de dialoguer avec le Maroc », soutenir les efforts de l’ONU pour trouver une solution à la question du Sahara, au lieu d’une « prise de position unilatérale ».

De son côté, la Française Dominique Vlasto, du groupe PPE (démocrates-chrétiens) a dit clairement estimer que le texte proposé au vote est « déséquilibré. Je regrette que l’on ait bousculé le vote de cette résolution. On aurait dû attendre le résultat d’enquêtes pour avoir une véritable réflexion sur des bases solides et pour permettre aux collègues de se faire une idée juste de la réalité des faits ».

Elle a martelé qu’il fallait « prendre le temps d’établir la réalité des faits, les responsabilités de chacun. C’est la condition indispensable pour la stabilité de cette région très sensible et le bien être de sa population ».

PAS DE RECUL, NI OBJECTIVITE

Lui emboitant le pas, Mme Bernadette Vergnaud (France), du Groupe S&D, a dit qu’il n’était « pas opportun de se prononcer si tôt par un vote sur les événements survenus à Laâyoune, alors que nous ne disposons pas de tous les éléments pour avoir le recul et l’objectivité nécessaires ».

Elle a également relevé que certains points du texte de la résolution étaient « contestables ». Il ne faut pas « envenimer la situation afin que les enquêtes et les négociations puissent se poursuivre dans le calme », a-t-elle ajouté, soulignant qu’il lui semblait « sage de ne pas avoir la tentation de remettre en cause le statut privilégié d’un pays voisin et partenaire sur la foi de témoignages partiels et parfois contradictoires ».

A son tour, le Français Gilles Pargneaux (S&D) plaidait pour la relance du dialogue avec les autorités marocaines dans les semaines à venir car la question du Sahara est « un enjeu diplomatique pour les relations du Maroc avec les pays d’Afrique et du Maghreb, dont au premier chef l’Algérie ».

« C’est également un enjeu sécuritaire en raison de l’activisme de l’organisation terroriste Al-Qaida au Maghreb islamique, ensuite, c’est un enjeu humanitaire pour les populations sahraouies concernées, notamment celles dans les camps de Tindouf, qui ne peuvent en sortir ».

Pour M. Pargneaux, il faut « revenir à l’essentiel, à la résolution N. 1920, adoptée à l’unanimité par les Nations Unies, qui demande de mettre sur la table la question de l’autonomie proposée par le Maroc ».

 

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