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Les propos tenus à Tindouf et à Alger par le Secrétaire Général des Nations Unies constituent un dérapage inédit de la part d’un SG de l’ONU. Ban Ki-moon a tout simplement dévié de sa mission et impliqué l’organisation onusienne dans des prises de positions qui ne sont pas les siennes, avec un réel risque de miner tout le processus de règlement de la question du Sahara et d’entraîner la région dans des perspectives sombres.

Sa complaisance et son indulgence vis-à-vis d’un Etat fantoche, aux dépens de la neutralité et de l’équidistance nécessaires entre les parties, renseignent sur un tropisme évident. Un tropisme que renforce l’omission programmée de questions centrales telles le recensement des populations séquestrées dans les camps de Tindouf, la violation des Droits de l’Homme dans ces mêmes camps, les détournements de l’aide humanitaire internationale, la menace terroriste qui pèse sur toute la région, sans parler des risques sérieux de déstabilisation que représente l’établissement d’une entité indépendante qui n’en possède ni les attributs, ni les fondements légaux.

L’autre bourde révélatrice de l’alignement de Ban Ki-moon est le changement, selon son humeur à lui, de la terminologie traditionnellement utilisée par les Nations Unies s’agissant de la question du Sahara. Le terme “occupation” pour qualifier le recouvrement par le Maroc de son intégrité territoriale, outre qu’il soit sans fondement politique ou juridique, constitue une insulte pour le Maroc, Etat membre des Nations Unies et, plus grave encore, implique l’ONU dans le conflit et en fait à la fois juge et partie.

Alors que son périple dans la région devait promouvoir un règlement politique, durable et mutuellement acceptable, Ban Ki-moon a étonnamment fait preuve d’une incapacité de discernement déconcertante. Comment en effet peut-il remettre sur la table la question du référendum quand bien même l’ONU et le Conseil de Sécurité ont conclu, depuis longtemps et de manière définitive, que le référendum était inapplicable pour des raisons objectives que Ban Ki-moon ne saurait occulter ? D’où d’ailleurs la recherche d’une solution politique négociée sous l’égide des Nations Unies, qui inspiré le plan marocain d’autonomie sous souveraineté du Royaume, proposition qualifiée par la communauté internationale de “base sérieuse et crédible”.

C’est à croire que le SG de l’ONU ignore tout du dossier du Sahara et se laisse allégrement influencer par la propagande fallacieuse et toxique algéro-polisarienne et par les conseils de collaborateurs manifestement intéressés.

Par Jamal HAJJAM

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