Sarkozy prône «la stabilité pour apaiser le pays»

Sarkozy prône «la stabilité pour apaiser le pays»

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Deux jours après le remaniement gouvernemental, Nicolas Sarkozy a justifié ses choix et livré ses priorités aux Français pour les dix-huit mois à venir. Pour sa première intervention télévisée depuis le 12 juillet dernier, le chef de l’Etat s’est exprimé une heure trente, mardi soir en direct de l’Elysée, sur TFI, France 2 et Canal +. Voici les principaux thèmes abordés lors de cette interview :

• Le remaniement : «J’ai une grande confiance en François Fillon, il est très compétent et nous travaillons ensemble sans aucun nuage depuis des années», affirme Nicolas Sarkozy. «Le choix d’un premier ministre, c’est le choix de l’intérêt général et je n’ai aucun regret, insiste-t-il, trois jours après l’avoir reconduit à Matignon. Le meilleur premier ministre de la France, j’ai considéré que c’était François Fillon». Dans un contexte de crise, le chef de l’Etat défend «le choix de la stabilité», tout en concédant qu’un certain nombre de ministres était «en bout de course».
Rendant hommage à Jean-Louis Borloo «à la hauteur de la situation» dans la crise du carburant, comme dans la gestion de la tempête Xynthia, Nicolas Sarkozy affirme qu’il aurait souhaité que cet «homme de très grande qualité reste» au gouvernement. Cherchant ensuite à montrer qu’il y a encore des ministres d’ouverture, Nicolas Sarkozy a cité les noms de Didier Migaud, d’Eric Besson et de Michel Mercier, le nouveau Garde des sceaux, «très proche de François Bayrou». Et d’assurer : «Ce n’est pas un gouvernement partisan».
Interrogé sur la longévité du cabinet Fillon III, le chef de l’Etat affirme que cette équipe devrait durer jusqu’à la fin de son mandat, «sauf imprévu».

«Sans doute on s’y est mal pris»

• L’immigration et l’identité nationale : Interrogé sur la disparition du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, le chef de l’Etat reconnaît que «le mot identité nationale a provoqué des malentendus. Sans doute on s’y est mal pris».
Et d’ajouter : «Il faut réguler les flux migratoires, sinon, on organise le ‘collapse’ (effondrement NDLR) de notre système d’intégration». Le gouvernement de François Fillon portera une politique d’immigration humaine et en même temps, ferme (…) Donc, j’ai renoncé à l’identité nationale comme mots, mais sur le fond des choses, je n’y renonce pas», réagit Nicolas Sarkozy.

• La réforme des retraites : Tout en s’affirmant conscient de la nécessité de renouer le dialogue avec les partenaires sociaux, Nicolas Sarkozy défend une nouvelle fois son texte et tient à «rendre un hommage signalé» à son ancien ministre du Travail, Eric Woerth. S’adressant aux Français, il se veut rassurant : «Sachez qu’il y a l’argent pour payer vos retraites. En 2020, le régime sera excédentaire».
Interrogé sur «l’antisarkozysme» apparu dans ces manifestations contre la réforme, il affirme devoir «se remettre en question». Evoquant les exemples de Barack Obama, Angela Merkel ou Jose-Luis Zapatero, dont la popularité est également mise à mal, le chef de l’Etat lance : «C’est normal que le président, qui est reponsable, soit celui qui porte la colère, l’inquiétude et la mauvaise humeur des gens».

• Le cas Eric Woerth : Nicolas Sarkozy s’emploie à défendre Eric Woerth, en proie à des déboires judiciaires. «Il a suscité mon admiration par son courage et sa dignité dans la réforme des retraites (…) C’est un homme profondément honnête et quand il sera sorti de ses ennuis, j’espère qu’on pourra retravailler ensemble». Sur les raisons du départ d’Eric Woerth du gouvernement, le chef de l’Etat a affirmé : «Je lui ai fait valoir que pour la nouvelle équipe gouvernementale, c’était mieux aussi que nous n’ayons pas, en plus de toutes les difficultés, à gérer les rendez-vous judiciaires inévitables dans la situation qui est la sienne.» Des propos qui viennent contredire ceux de l’ancien ministre, qui affirmait ce week-end encore vouloir «rester» au gouvernement.

2012 : Sarkozy n’ a «pas pris de décision»

• Les Roms : «Il n’y a pas eu de stigmatisation», martèle le chef de l’Etat. Qualifiant les déclarations de la commissaire européenne à la Justice Viviane Reding de «honteuses et blessantes», il souligne que «la Commission n’a rien trouvé à redire à l’action de la France et n’a pas saisi le Cour européenne de justice». Nicolas Sarkozy invoque également le Pape Benoît XVI, qui a dit selon lui : «Les étrangers doivent respecter les lois des pays d’accueil et respecter (son) identité nationale».

• L’affaire des écoutes présumées de journalistes : Accusé par le Canard enchaîné et par une partie de l’opposition de superviser la surveillance de certains reporters, le président assure que «jamais, à aucun moment, d’aucune façon», il ne s’est préoccupé «d’espionner des journalistes».

• La menace terroriste et les otages français : Ce risque terroriste est «particulièrement élevé». «Je suis particulièrement inquiet pour les otages du Mali. Ma recommandation formelle est de dire à mes compatriotes : ‘n’allez pas dans cette région’», affirme-t-il, se disant «un peu moins inquiet pour les otages en Afghanistan».

• La dépendance et le cinquième risque: Nicolas Sarkozy annonce «une grande consultation», puis «des décisions à l’été 2011». «Quand on n’est pas autonome, on en n’est pas moins humain», lance-t-il, affirmant également souhaiter «la création d’une nouvelle branche de la Sécurité sociale : le cinquième risque.»

• La réforme de la justice : Le chef de l’Etat souhaite également poursuivre la réforme de la justice, avec la possible instauration de jurés populaires auprès de magistrats professionnels dans les tribunaux correctionnels.

• Interrogé sur la fiscalité, le locataire de l’Elysée s’est prononcé pour une suppression du bouclier fiscal et de l’ISF ainsi que pour la création d’un impôt sur le patrimoine.

• La présidentielle de 2012 : Le locataire de l’Elysée affirme n’avoir «pas pris de décision» quant à une éventuelle candidature à la présidentielle. Il se décidera autour «de l’automne 2011».
Interrogé plus largement sur les échéances électorales à venir, le président a affirmé qu’il ne «croyait pas à une alliance possible avec le Front national». Ce que certains membres de son camp, comme le député UMP Christian Vanneste, lui ont pourtant récemment suggéré, «à moyen ou long terme».

 

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