Sarkozy relance le débat sur l’islam de France

Sarkozy relance le débat sur l’islam de France

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Nicolas Sarkouzy,  président de l’UMP défend l’assimilation plutôt qu’un « modèle d’intégration qui a explosé ». Il entend en outre consulter sur la loi de 1905, ce qui mécontente de nombreux responsables du parti.

Au Conseil national de l’UMP, samedi matin, le débat sur «la crise des valeurs républicaines et de l’identité française» a été de loin le plus animé. Xavier Bertrand l’a lancé en demandant une «tolérance zéro» pour ceux qui ne «respectent pas les lois de la République». «Nous savons très bien que l’interdiction de la burqa, que nous avons votée – et c’est tout à notre honneur – n’est pas appliquée partout en France», a affirmé le député de l’Aisne. Les témoignages du public ont afflué. Un intervenant a raconté qu’il voyait quotidiennement «des petites filles de quatre ans couvertes de la tête au pied, mais avec le visage découvert». Pour lui, «la loi d’interdiction de la burqa est déjà complètement dépassée». «L’UMP va devoir faire preuve de finesse, d’intelligence, d’acuité dans le choix des mots pour s’adresser à ces gens-là, qui sont en majorité Français», a-t-il estimé.

C’est bien la conviction de Sarkozy, qui a remercié les cadres du parti «d’accepter de tenir ce débat dans le calme, avec des propos lucides qui refusent toute outrance». Rappelant qu’en 2005, ministre de l’Intérieur, il avait dû affronter «vingt-deux jours d’émeutes» de jeunes, et qu’il n’y avait «pas eu un mort parmi les émeutiers ni les forces de l’ordre», il est revenu sur «l’autisme» de l’opposition d’alors et des médias, pour qui «les anti-républicains, c’ était le gouvernement». L’ex-président a aussi taclé ceux qui, à l’intérieur de l’UMP, s’étaient demandés où il était «allé chercher cette idée de faire un débat sur l’identité nationale».

On s’en doutait, sur ce sujet comme sur les autres, l’ex-président ne regrette rien, même s’il concède en privé avoir commis une «erreur» en confiant l’«identité nationale» au ministère de l’Intérieur, et pas au ministère de la Culture. Il ne doute pas, en revanche, que la question de l’identité taraude aujourd’hui la société française, ainsi que celle de la maîtrise des flux migratoires.

Assimilation

Tout le monde à l’UMP est d’accord avec Nicolas Sarkozy quand il lance: «Doit-on continuer à accueillir des immigrés alors que la machine à intégrer est en panne?» En revanche, son choix de plaider pour l’assimilation, plutôt que pour un «modèle d’intégration qui a explosé», suscite des divergences. Pour lui, «l’intégration, c’est «je viens comme je suis»», tandis que «l’assimilation suppose l’acquisition de la langue» et une appropriation «de la culture, de l’histoire, du mode de vie du pays qui vous accueille». Pour Alain Juppé, l’assimilation est une conception «moralement et humainement critiquable», de surcroît «désormais inopérante». «L’UMP en débattra», a promis Sarkozy.

Il a également annoncé qu’il allait recevoir des responsables musulmans, notamment du CFCM (Conseil français du culte musulman), qu’il s’est félicité d’avoir créé, pour voir avec eux non pas «ce que la République est prête à faire pour s’adapter à l’islam, mais comment faire pour que l’islam en France soit un islam de France». Il mènera ces consultations  avec Gérald Darmanin, qu’il a félicité pour ses «positions courageuses». Le député du Nord s’oppose à la «laïcité punitive» et veut réviser la loi de 1905 pour rendre possible un «concordat» entre l’Etat français et l’islam. Nicolas Sarkozy n’est pas allé aussi loin samedi, mais il est longuement revenu sur la «violence» qui a accompagné «la passage de la France de la catholicité à la laïcité». Un autre débat animé en perspective à l’UMP, puisque si François Fillon s’est déjà prononcé pour une adaptation de la loi de 1905, François Baroin comme beaucoup de responsables UMP refusent d’y toucher, au motif que si c’est l’islam qui doit s’adapter à la République, la République n’a pas à renoncer au texte fondateur de sa laïcité.

Source : Lefigaro.fr

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