Sarkozy tend la main au monde du web

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« J’ai remarqué que les gens invités n’étaient pas forcément des supporteurs de la politique du gouvernement. Le discours était tout à fait clair. Je pense qu’on a été entendu », assure Jean-Baptiste Descroix-Vernier, fondateur de Rentabiliweb, invité aux côtés, notamment, de deux « poids lourds » du web, Jacques-Antoine Granjon, président de vente-privée.com et, plus encore, Xavier Niel, fondateur d’Iliad (Free).
« De manière tardive, il y a l’envie de renouer un dialogue, assure de son côté le blogueur Nicolas Vanbremeersch. On sent bien que c’est un caillou (NDLR, l’internet) dans sa chaussure. Dont acte, à suivre, même si on est un peu dubitatif malgré tout. C’est bien de discuter avec les acteurs du numérique, mais il y a un passif maintenant ».
« J’espère que ce déjeuner va déboucher sur des choses concrètes. Il a été évoqué la création d’un Conseil du numérique avec les professionnels de l’internet », ajoute Jean-Baptiste Descroix-Vernier.
« Ce conseil serait obligatoirement consulté sur tout texte ayant rapport soit au numérique soit à l’internet. Ses avis seraient consultatifs », précise « Me Eolas » (pseudonyme d’un avocat blogueur reputé, NDLR).
Selon Jean-Michel Planche, président de Witbe, « l’idée la plus forte (…), c’est qu’on ne se parle pas assez. A partir de là, vous avez des députés qui votent des lois en +i+ (allusion aux lois Hadopi et Loppsi, NDLR)… Ils ne sont pas éclairés par des gens qui sont dans le secteur depuis 25 ans ».
Autre projet selon Me Eolas, une loi « Hadopi 3″ qui « ne sera pas faite pour aggraver la répression, mais pour en faire quelque chose de plus présentable. Le président comprend que le système d’Hadopi est inefficace et mal perçu ».
La loi dite « Hadopi » (Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur internet, NDLR), entrée en vigueur en 2010, vise à lutter contre le téléchargement illégal.

Enfin, toujours selon Me Eolas, le chef de l’Etat envisagerait de réunir les principaux acteurs de l’internet mondial en marge d’un réunion du G8 à Deauville en 2011 : « Ce serait un +G8 de l’internet+ même si le président ne l’a pas nommé comme cela ».
Sur le volet « cybercriminalité » du projet de loi Loppsi 2 (Loi d’Orientation et de Programmation pour la Sécurité intérieure, NDLR) adopté mercredi par les députés, « le président n’avait pas l’air d’être au courant qu’il y avait un article 4 pour filtrer internet, assure Nicolas Vanbremeersch. Il l’a découvert à cette occasion là. On a au moins pu l’alerter sur ce sujet ». « Il a dit qu’il n’était pas dogmatique sur cet article et que s’il le fallait, il serait modifié », abonde Me Eolas.
Le déjeuner a été « détendu », assure Nicolas Vanbremeersch. « Personne n’a twitté, on est poli, a-t-il ajouté en souriant. Moi, je ne sors pas mon téléphone à table. Et le président est resté extrêmement concentré, il n’a pas téléphoné dans tous les sens ».
« Nicolas Sarkozy ne va pas faire un virage à 180 degrés sur l’internet, mais si au moins il pouvait calmer les ardeurs des députés sur la Loppsi qui voient internet comme un repère de pédophiles, il en ressortira du bon », a poursuivi Me Eolas, avant de conclure : « Un rendez-vous de principe a été pris pour refaire le point au mois de mars. Et on a attiré l’attention du président sur le fait qu’il n’y avait aucune femme aujourd’hui ».

 

 

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