Scandale des écoutes: la presse britannique sent le vent du boulet

Scandale des écoutes: la presse britannique sent le vent du boulet

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Le Premier ministre David Cameron a nommé un juge réputé coriace pour mener une double enquête sur les écoutes, et sur l’éthique des médias.

 

Lord Leveson, qui dirigeait l’accusation au procès de la pire tueuse en série britannique Rose West, doit explorer les pratiques de la presse, mais aussi ses relations avec la police ainsi qu’avec la classe politique.
Samedi, les médias abondaient de questions sur la proximité du Premier ministre David Cameron avec les barons de l’empire Murdoch, tout en relevant que les travaillistes avaient n’avaient pas maintenu plus de distance en 13 ans de pouvoir.

Lord Leveson pourrait recommander un renforcement des instances de contrôle de la presse, aujourd’hui auto-régulée par la « Press Complaints Commission » (PCC), jugée peu efficace.

La PCC a eu beau renforcer son code de déontologie après l’acharnement médiatique autour de la princesse Diana, ses sanctions restent timides. En mai, le Daily Telegraph a été condamné à publier de simples excuses après que deux de ses journalistes déguisées en électrices aient piégé des députés libéraux-démocrates.

Ecoutes téléphoniques, paiement d’informateurs, corruption de policiers, caméras cachées : ces pratiques ne se bornent pas à la presse populaire, a témoigné un récent débat à la London School of Economics.

Le journaliste du Times David Aaronovitch dit n’avoir trouvé aucune trace de débat éthique dans les journaux où il a travaillé, en contraste avec le « débat intense en vigueur à la BBC » qui actualise régulièrement ses directives aux journalistes.
« Nous avons perdu notre éthique bien avant le cas de Milly », lance-t-il, allusion aux révélations du piratage par le NotW du téléphone d’une écolière assassinée, Milly Dowler.
L’idée d’une autorité de régulation de la presse hérisse cependant nombre d’éditeurs, soucieux de préserver leur liberté.
« La réponse doit venir de l’intérieur des journaux », martèle Bob Satchwell, directeur de la Société des éditeurs. « Nous avons déjà perdu un journal (le NotW NDLR), évitons de continuer. »
La presse nationale britannique compte encore 10 millions d’exemplaires quotidiens (dimanche compris) mais elle perd ses lecteurs, même chez les populaires à gros tirage comme The Sun (5,81% de baisse en juin sur un an).
Dans la presse de « qualité », c’est l’hémorragie: -12% pour The Times, -10% pour le Guardian.
Réguler davantage risque d’handicaper les journaux face à la concurrence d’internet incontrôlé, à entendre les éditeurs.
« Qu’est-ce que vous faites lorsqu’un monde extraordinairement peu régulé comme internet publie des scoops? », interroge David Aaronovitch.
« Si vous allez trop loin », note Camilla Cavendish dans le Times, « vous aboutissez à la presse française, avec quelques journaux de haute moralité incroyablement déférents vis à vis des puissants, tandis que les gens vont chercher les ragots sur internet ».
La menace sur la presse est aussi d’ordre économique. Après la fermeture de NotW, les rumeurs vont bon train sur une possible revente par Murdoch de ses derniers journaux britanniques (Times, Sunday Times et Sun).
Le magnat de la presse a beau démentir, une réduction de la voilure serait bien accueillie par les actionnaires peu enclins à essuyer les pertes des médias écrits.
Murdoch, qu’on dit très attaché à la presse (son père était propriétaire de journaux en Australie), est « d’abord un homme d’affaires, et s’il doit se débarrasser de tout ça pour l’intérêt de son groupe, il le fera », tranche Charlie Beckett, expert en média à la London School of Economics.

 

 

AFP_________________

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